Un Œil sur EAST INDIA COMPANIES

Carte d’Identité

2-4 joueurs

12 ans

90 min

Commerce / Placement d’ouvriers

Expert

Décembre 2022

45 €


Auteur : Pascal Ribrault
Illustrateur : Guillaume Tavernier
Éditeur : Atalia
Distributeur : Atalia


Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Variété

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Une description rapide

Prenez la tête d’une compagnie maritime du XIXème siècle, chargée des échanges commerciaux entre l’Occident et l’Extrême-Orient !

Une partie se compose de cinq manches, scindées en six phases :
– Agents. Après que le premier joueur ait lancé les dés Indes et Europe pour les positionner sur leur marché respectif, à tour de rôle, les joueurs placent un de leurs Agents sur l’une des capacités d’un Personnage afin qu’elle s’active immédiatement ou lors de la phase qu’elle indique. Les différents Personnages sont spécialisés dans des effets facilitant les actions de la manche en cours.
– Bourse. Les joueurs peuvent acheter un Titre de n’importe quelle compagnie. Son coût est déterminé par la valeur du Titre de la compagnie choisie sur la piste de la Bourse.
– Navigation. Au début de cette phase, deux cartes, Indes et Europe, sont piochées et positionnées face cachée dans leur Marché respectif. Puis, à tour de rôle, les joueurs placent un de leurs navires face cachée sur l’une des trois zones de Navigation. Certaines ont un coût d’accès.
– Chargement. La carte Inde est dévoilée de façon à remplir le Marché correspondant de marchandises. Le nombre de cubes de chaque marchandise ajoutée dépend de la somme des valeurs indiquées sur le dé et la carte Indes. Les joueurs vont ensuite acheter des marchandises disponibles au prix indiqué du Marché, différent d’une case à une autre. Pour ce faire, les piles de Navires sont révélées dans un ordre précis. Pour chaque pile, l’ordre de priorité pour l’achat de marchandises est déterminé par la vitesse des navires engagés alors que le nombre de marchandises achetées est limité par la capacité de transport de chaque bateau.
– Négoce. La carte Europe est dévoilée de façon à retirer du Marché correspondant des marchandises. Le nombre de cubes de chaque marchandise retirée dépend de la somme des valeurs indiquées sur le dé et la carte Europe. Puis, les joueurs vendent leurs marchandises au prix du Marché Europe, différent d’une case à une autre, en les repositionnant sur le plateau. L’ordre d’initiative est fonction de la vitesse des navires. L’argent ainsi récolté est mis de côté sur la tuile Montante des ventes.
– Fin de Période. Selon la somme récupérée, chaque joueur fait progresser plus ou moins rapidement son marqueur Valeur des Titres sur la piste de la Bourse. Le joueur ayant le Montant des ventes le plus faible prend l’initiative pour la manche suivante. Puis, chaque joueur fait correspondre son marqueur Vente avec la somme récoltée. Le nombre de cases parcouru détermine un nombre de cran à faire parcourir à son marqueur Valeur des Titres sur la piste de Bourse. Enfin, selon la position de ce marqueur, les joueurs versent une somme d’argent, appelée dividendes à chacun des autres joueurs détenteurs de Titres de leur compagnie après avoir basculé leur argent sur la tuile Trésorerie.

La partie se termine à la fin des cinq manches. Le joueur le plus riche est déclaré vainqueur après avoir décompté :
– L’argent possédé.
– La valeur des Titres possédés des différentes compagnies (nombre de titres multiplié par leur valeur sur la piste de Bourse).

Oui ou Non

  • Un très beau jeu, visuellement attrayant, au matériel d’une grande qualité
  • Une thématique plaisante et très bien concrétisée dans toutes les séquences de jeu
  • Un jeu d’investissement très subtil, imposant des façons de réfléchir non habituelles
  • Des phases aux mécaniques différentes, oscillant entre placement d’ouvriers, enchères secrètes, et « pick & delivery » non géographique
  • De fortes et permanentes intéractions
  • Une lecture de jeu obligatoirement anticipée et basée sur une part d’aléatoire, apportant un peu de « fun » dans un tout très sérieux et calculatoire
  • La fluctuation permanente des marchés obligeant à s’adapter
  • Un jeu expert intense, qui provoque de nombreux nœuds au cerveau
  • Un temps de jeu un peu long, avec une impression de répétitivité qui accentue cette sensation
  • Des manches hachées par les différentes phases se succédant

En Résumé

Après VIRTÙ, voici le deuxième jeu expert de Pascal Ribrault, édité cette fois par Atalia. Si les thématiques et les mécaniques de ces deux titres n’ont pas grand-chose en commun, on retrouve quand même la patte de l’auteur.

La première similitude provient du découpage du jeu en plusieurs manches, scindées en plusieurs phases. Ce séquençage permet à EAST INDIA COMPANIES de proposer des mécaniques éloignées les unes des autres bien que se réunissant autour d’une thématique bien concrétisée et d’un objectif commun. On débute alors par de la pose d’ouvriers, pour continuer par de l’investissement, pour ensuite passer par une forme d’enchères secrètes pour au final proposer un jeu de commerce. Thématiquement, tout fonctionne. On obtient des capacités auprès de Personnages, on investit en bourse, on navigue dans les Indes pour acheter des ressources afin de les vendre en Europe et de faire grimper la cote de son entreprise selon les bénéfices réalisés. La diversité des mécaniques proposées est plaisante, mais provoque deux sensations légèrement moins agréables. Le rythme du jeu est haché par ce découpage et les parties apparaissent longues du fait de la répétition de ces séquences.

Pourtant, le jeu en a sous la coque du bateau ! EAST INDIA COMPANIES va vous faire des nœuds au cerveau. Les règles sont bien plus accessibles que celles de VIRTÙ. Toujours pour comparer, on retrouve cette façon de raisonner si particulière et si différente qui rend le titre complexe et original. La gestion ne va pas de soi, et il faut savoir accepter que son cerveau soit mis en difficulté devant autant d’éléments biscornus à prendre en compte. Attention, le jeu est clair et la règle encore plus, mais le titre impose des façons de réfléchir non-habituelles. C’est exactement cette absence de routine qui enchante et qui surprend. Il faut savoir se placer dans la bonne zone, pour récupérer un type de ressource à un prix descend afin de faire une plus-value, à condition que ce soit encore possible… Bref, des règles accessibles pour des questionnements permanents, intenses et, pour le coup, difficile d’accès, voilà ce que propose EAST INDIA COMPANIES.

Le titre impose des façons de réfléchir non-habituelles.

Parce qu’en réalité, le but n’est pas compliqué. Il faut être le plus riche et parier sur le bon cheval. Encore un point appréciable, le décompte de fin de partie est simple. Mais justement, tout n’est pas si simple, car il faut anticiper et prévoir les actions des adversaires et les potentiels ajouts et pertes de ressources des deux marchés pour jouer de manière efficace. Ainsi, il y a de fortes interactions sans que cela ne paraisse à première vue et le hasard vient se mêler à nos décisions, à moins que lui aussi, on apprenne à le contrôler en allant chercher l’exclusivité des informations. Il faut par conséquent se jouer du hasard et des autres pour se faire une place au soleil. Encore une fois, cela n’est possible qu’avec une lecture très subtile de la partition qui est en train de se jouer autour de nous.

Il faut par conséquent se jouer du hasard et des autres pour se faire une place au soleil.

La fluctuation des marchés d’achat et de vente provoque une vraie tension. Chaque sou est un sou et si les premières manches se font dans l’économie, les dernières permettent une jolie montée en puissance. EAST INDIA COMPANIES apporte un vrai vent de fraîcheur dans le milieu du jeu expert même s’il souffre sans doute d’un manque de variété au sein d’une partie et entre parties. Il bouleverse nos habitudes, nous perd même légèrement dans le mélange de mécaniques qu’il propose. Le manque de vision à long terme, par la présence du hasard plus ou moins contrôlable, peut s’avérer problématique. Moi, c’est cette présence de l’incontrôlable qui m’a séduite. J’y ai trouvé un peu de « fun » dans un jeu très sérieux et calculatoire. Sur ce point, il me fait penser à l’excellent EXPÉDITION À NEWDALE, et venant de ma part, la comparaison est plus qu’honorable. Le matériel est en plus superbe, que demander de plus ?

Au Final

Très Bon ! ★★★★☆

Un jeu d’investissement subtil, imposant des réflexions non-habituelles très agréables !


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