Un Œil sur BRISTOL 1350

Carte d’Identité

1-9 joueurs

12 ans

45 min

Dés / Bluff / Rôles / Déduction

Amateur

Décembre 2022

27 €


Auteur : Travis Hancock
Illustrateurs : Holly Hancock & Sarah Keele
Éditeur : Lucky Duck Games
Distributeur : Neoludis


Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Variété

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Une description rapide

Fuyez la ville de Bristol, envahie par la peste noire, à l’aide de votre chariot à fruits. Mais assurez-vous que vous et vos « amis-passagers » restent en bonne santé !

Au début de la partie, les joueurs reçoivent deux cartes Symptôme qui définissent leur état de santé. En effet, si la somme des valeurs de ces deux cartes atteint ou dépasse six, un joueur devient malade et le reste pour toute la partie. Tous les joueurs débutent « sains ». La partie se déroule en plusieurs manches. Au début de chaque manche, le premier joueur lance les six dés pour l’ensemble du groupe. Dans le sens horaire, les joueurs réalisent une des trois actions suivantes :
– Relancer jusqu’à deux dés
– Piocher une carte Remède. Ces cartes peuvent être utilisées pendant leur tour de jeu uniquement pour activer un de leurs deux effets.
– Déplacer un pion selon l’une des options suivantes :
° Bousculade : placer leur propre pion devant tous les autre occupant le même chariot
° Saut : placer leur pion (se trouvant à l’avant du chariot occupé) à l’arrière du chariot qui le précède
° Éjection : faire tomber un pion de leur chariot. Ce pion prend alors place dans le dernier emplacement libre du chariot situé le plus à l’arrière possible. Si aucune place n’est libre, alors le joueur dont le pion a été éjecté est éliminé, entrainant dans sa chute le responsable le l’éjection si toutefois le joueur éliminé est en bonne santé.
Une fois que tous les joueurs ont effectué leur action, ils vérifient les contaminations. Si les dés affichent au moins deux rats de la même couleur, alors les occupants du chariot mettent en commun leurs cartes Symptôme et ajoutent une autre carte de même type face cachée avant de mélanger le paquet et de redistribuer deux cartes à chacun. Par cette redistribution des cartes, les joueurs peuvent alors devenir « malades ». Ensuite, les chariots avancent sur le plateau de jeu d’un nombre de cases égal aux valeurs des dés de leur couleur. Une nouvelle manche débute. Le premier joueur est celui occupant la première place du chariot en tête.

Dès qu’un chariot parvient à quitter la ville, ses occupants annoncent s’ils ont la peste ou non. Si tous les occupants sont sains, ils remportent la partie ensemble. Si un seul joueur est « malade », tous les passagers meurent et la partie se poursuit pour une dernière manche. Si les trois chariots sont porteurs de la peste passant la ligne d’arrivée, ou ne l’atteignent pas, ou sont vides, les joueurs « malades » remportent la partie.

Oui ou Non

  • Une gamme originale et par le « look » et par la proposition mécanique
  • Un thème noir, osé et bien concrétisé
  • Un matériel minimaliste vraiment rafraichissant
  • Des règles accessibles pour un jeu d’ambiance fourbe et très « fun »
  • Le doute jusqu’au résultat final
  • Des discussions animées et des « enfoirades » régulières basées sur une suspicion permanente
  • Le changement de statut impliquant le changement d’objectif final
  • Une règle de jeu complète et sincère
  • Une mécanique répétitive
  • Le bon fonctionnement repose sur une honnêteté à toute épreuve, impossible à contrôler
  • Inutile d’y jouer à moins de six joueurs

En Résumé

BRISTOL 1350 est un drôle d’animal ludique. Il est issu de la série « Dark Cities » qui se concentre sur l’année marquante de l’histoire d’une ville. Ces jeux se présentent sous forme d’une boite-livre aimantée et apparaissent en décalage avec tout ce qui se fait aujourd’hui. 

Commençons par son look qui ne laisse personne indifférent. Ce n’est pas un jeu, c’est un bouquin qui renferme un matériel minimaliste mais très fonctionnel. Le petit tapis de jeu en néoprène est épatant. Les pions en bois sont aussi mignons que les chariots. Tout y est, et dans une taille défiant toute concurrence. Un bon vent de fraîcheur vient de s’abattre sur le milieu ludique.

De la fraîcheur, oui, mais alors plutôt celle avec de la pluie, de la brouillasse et du vent. L’illustration de couverture est lugubre, mais représente parfaitement un thème quelque peu déboussolant et pas franchement sexy. En résumé, il faut fuir Bristol le plus vite possible en échappant à la peste noire. Je vous l’avais dit que ça ne mettait pas une pêche d’enfer ! Avec cette thématique, BRISTOL 1350 ne pouvait pas prétendre à une illustration de couverture à la Tata Yoyo… Mais pour un jeu d’ambiance, on a connu plus vendeur. 

Oui, parce que contrairement aux apparences, c’est un « party-game » où se mêlent bluff, suspicion et coup foireux en tout genre sur base de lancers de dés et de course. En résumé, c’est la « poilade » ! Et c’est vrai, on rigole. On rit surtout des tentatives de devinettes de qui a la peste et de qui ne l’a pas. La mécanique, elle, est plutôt répétitive. À son tour, on pioche une carte Remède, on relance deux dés ou on effectue des mouvements dans les wagons. C’est simple et accessible. 

Vous l’aurez compris, ce n’est pas franchement la mécanique, ni le thème qui va faire passer une bonne soirée. C’est plutôt ce que les joueurs vont en faire.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas franchement la mécanique, ni le thème qui va faire passer une bonne soirée. C’est plutôt ce que les joueurs vont en faire. Les alliances se font et se défont, les wagons changent de passagers, les mensonges fusent, et surtout, la suspicion de la maladie devient omniprésente. Tout le monde doit rentrer dans cette histoire sinon la table entière peut rester sur le carreau. 

Un point m’a particulièrement gêné, c’est le fait qu’il n’est pas possible de prouver qu’on a eu la peste en cours de partie et qu’on est par conséquent encore malade bien que nos cartes peuvent indiquer l’inverse… Le bon déroulement du jeu repose sur de l’honnêteté à 100% et à ce petit jeu-là, quand on est neuf autour de la table, je ne suis pas convaincue du résultat. Oui, autre petit détail très important, il faut être nombreux ! Car en dessous de six, il y a clairement moins de frissons.

Ce jeu d’ambiance est bien plus fin et intelligent que la moyenne.

BRISTOL 1350 est un pari osé et plutôt réussi. Comme de nombreux jeux d’ambiance, ce sont les joueurs qui feront les parties plus que la mécanique. En effet, le divertissement provient des discussions et suspicions. Le jeu propose des choix tactiques assez subtils pour ne pas se faire dévoiler. De la même façon, il faut observer attentivement les actions de tous pour démasquer les rôles de chacun. Ce jeu d’ambiance est bien plus fin et intelligent que la moyenne, ce qui peut clairement le desservir de son emploi initial. Saluons cette prise de risque éditoriale, et l’originalité de cette magnifique boîte.

Au Final

Décalé !
★★★✯☆

Une proposition originale et minimaliste, d’une rare finesse pour un jeu d’ambiance !


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