Carte d’Identité

Auteur : Chris Priscott
Illustrateur : Faizul Mudhakir
Éditeur : Oka Luda
Distributeur : Gigamic

2-4 joueurs

10 ans

30 min

15 €

Juin 2026

Exemplaire Presse
Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété
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Cartes / Draft / Collection

Initié
Description Rapide

Attirez les oiseaux migrateurs vers vos îles !

Obtenir plus de points de victoire que les adversaires.

Une partie se déroule en trois manches, scindées en plusieurs étapes. En premier lieu, les joueurs reçoivent un certain nombre de cartes (Oiseaux et Îles) selon la manche en cours. Ensuite, les joueurs choisissent une carte de leur main et la place face cachée devant eux avant de les retourner simultanément et de passer les cartes restantes à leur voisin (selon le sens indiqué par la manche en cours). Lors de la troisième étape, les participants positionnent les îles et les oiseaux conservés dans leur zone de jeu. Les îles peuvent être placées comme nouvelles îles ou glissées sous des îles existantes. Chaque île (ou groupement) accueille de part et d’autre, une volée d’oiseaux similaires. Les oiseaux ne peuvent être placés dans une île que si celle-ci fournit la nourriture nécessaire à cet oiseau et doivent respecter le nombre maximum d’oiseaux autorisés dans chaque volée. Lors de la quatrième étape, les joueurs passent les oiseaux non positionnés dans leurs îles à leur voisin. Celui-ci obtient alors une opportunité de placer ces nouveaux oiseaux à condition de ne pas changer la disposition actuelle de son espace de jeu. Enfin, les joueurs décompte les points de la manche (les plumes de chaque oiseau + les bonus éventuels) avant de changer de saison. Les cartes Île sont retournées et les oiseaux positionnés à la manche suivante sont conservés (mais peuvent être déplacés).

La partie se termine à la fin de la troisième saison. Le joueur avec le plus de points de victoire l’emporte.

Oui ou Non

- Des illustrations charmantes et extrêmement attirantes
- Une thématique sympathique et qui fait plutôt sens avec le « gameplay »
- Un jeu de « draft » plutôt commun mais présentant de jolis petits « twists »
- Des choix tactiques à court et long terme
- Des interactions qui s’affinent au fur et à mesure des parties réalisées
- De l’adaptation et du remaniement obligatoire
- Un suspens décuplé par un décompte de points exponentiel au fil de la partie
- Un jeu efficace

- Un sentiment de blocage parfois avec un nombre restreint d’oiseaux accepté dans chaque collection
- Un livret de règles dense pour ce type de jeu
- Une iconographie de bonus confuse (des doutes sur le caractère cumulatif ou non de chaque bonus)

Mon Avis
PAON est le petit dernier de la gamme « Biseau » de Gigamic. Il est signé Oka Luda, un éditeur qui se fait souvent remarquer pour ses titres peu conventionnels, originaux et quelque peu décalés. Et ce n’est pas PAON qui échappe à cette règle. Même si le jeu se base sur une mécanique de « draft » de cartes plutôt commune sur le papier, il se révèle assez original par tout un tas de petites subtilités disséminées un peu partout.
La première, c’est évidemment la thématique. Les joueurs doivent attirer des oiseaux migrateurs sur leurs îles. Sincèrement, il n’y en a pas tant que ça des titres sur les oiseaux. En premier jet, je vois WINGSPAN et CUBIRDS, et après réflexion, je n’en vois pas beaucoup d’autres sortis de l’anonymat. Si le jeu aurait tout à fait pu exister avec un autre thème, il faut bien avouer que celui-ci fonctionne du tonnerre. Les regroupements des bestioles volantes ont du sens, comme leurs envolées d’une île à une autre entre chaque manche.
La deuxième fantaisie provient de la direction artistique. Ce paon, prenant la lumière de l’illustration de couverture, est tout simplement magnifique. Les autres oiseaux, présents sur les cartes, ne sont pas en reste. Les couleurs sont chaleureuses et attirent indiscutablement. La boîte arbore une gaieté rare et les joueurs ne peuvent qu’être curieux de découvrir chaque type d’oiseau qu’ils ont entre leurs mains, en remarquant chaque détail.
Cette joie de vivre qui se dégage fait alors davantage penser à un jeu familial. Mais je vais plutôt classer PAON dans la catégorie initiée tant les décisions prises par les participants ont un impact sur le long terme. En effet, chaque carte récupérée lors des trois rondes de cartes compte pour la partie entière et donc pour les trois « scoring ». Les joueurs doivent donc inscrire leurs choix, à la fois dans l’immédiateté, mais également dans une projection future plus complexe à appréhender. Le fait que les concurrents ne possèdent pas les mêmes ressources, réclamées par les oiseaux, d’une manche à une autre, oblige aussi à s’adapter, à remanier son petit « schmilblick » et à anticiper encore davantage.
Les joueurs doivent donc inscrire leurs choix, à la fois dans l’immédiateté, mais également dans une projection future plus complexe à appréhender.
L’anticipation est bien le maître-mot, et d’autant plus que les oiseaux ne trouvant pas refuge, partent en direction des adversaires qui en profiteront bien volontiers s’ils le peuvent. Comme tous les jeux de « draft », les joueurs, lors de leurs premières partis seront principalement centrés sur eux-mêmes. Mais, progressivement, leurs décisions prennent en compte leur propre espace de jeu et ceux de leurs adversaires. Les décisions à prendre se tendent, les compromis se multiplient et le plaisir ludique grandit.
Le décompte de point est, lui aussi, assez traditionnel. Chaque type d’oiseau fait marquer des points de façon différente. Il faut donc agencer tout ce beau monde le plus harmonieusement possible, même quand les ressources viennent à manquer ou lorsque la place se fait rare. La conservation des cartes d’une manche à une autre est assez rare pour être signalée. Ceci provoque surtout des décomptes de points aux valeurs exponentielles qui créent un suspens fort et de nombreux retournements de situation. Une première manche calamiteuse n’est pas forcément synonyme de défaite, à condition de relever, tout de même, rapidement la barre.
Il n’invente rien, présente une mécanique ordinaire, mais parvient à faire adhérer un large public par une direction artistique détonante, une belle efficacité et tout un tas de petits détails qui lui donnent ce petit truc en plus.
PAON est un jeu absolument charmant et qui m’enthousiasme. Le concept n’est pas des plus innovants, mais le jeu est efficace et suffisamment différent de ce qui peut exister dans cette gamme pour rencontrer un beau succès. Je le compare, dans l’esprit, à CHÂTEAU COMBO. Il n’invente rien, présente une mécanique ordinaire, mais parvient à faire adhérer un large public par une direction artistique détonante, une belle efficacité et tout un tas de petits détails qui lui donnent ce petit truc en plus. Je lui souhaite le même succès.

Au Final

Charmant !
Du « draft » et de l’organisation de tableau, à court et long terme dans une atmosphère thématique et visuelle lumineuse !



