Un Œil sur AKROPOLIS

Carte d’Identité

2-4 joueurs

8 ans

30 min

Tuiles / Placement

Familial

Juillet 2022

27 €

Auteur : Jules Messaud
Illustrateur : Pauline Détraz
Éditeur : Gigamic
Distributeur : Gigamic


Thématique ★★★☆☆
Esthétique ★★★☆☆
Complexité ★★☆☆☆
Réflexion ★★★☆☆
Interactions ★★★☆☆
Rejouabilité ★★★★☆

Une description rapide

Incarnez un architecte capable de construire la Cité la plus harmonieuse possible.

Une partie se compose de douze manches. A chaque manche, en sens horaire et en commençant par l’Architecte en Chef (le premier joueur), les joueurs effectuent deux actions :
– Prendre une tuile du Chantier. Pour chaque tuile non choisie de la ligne, ils doivent payer une pierre.
– Ajouter la tuile à sa Cité. La tuile peut être posée au premier étage de façon à agrandir la Cité ou sur un niveau supérieur en reposant sur au moins deux autres tuiles. Chaque carrière de pierres ainsi écrasée rapporte une pierre. Il existe deux autres types de construction :
° Les Places sont des multiplicateurs de points en fin de partie et peuvent être placées librement.
° Les Quartiers peuvent être placés librement mais les points qu’ils rapporteront en fin de partie dépendent de leurs placements. Ainsi, les Habitations doivent être regroupées, les Marchés séparés, les Casernes en périphérie, les Temples entièrement entourés alors que les Jardins ne possèdent pas de conditions particulières. Aussi la hauteur de construction des différents quartiers fait augmenter leurs valeurs. Par exemple, un quartier au troisième niveau est de valeur 3.
Lorsqu’il ne reste plus qu’une seule tuile dans le Chantier, une deuxième manche débute. La tuile restante est placée au début de la ligne de tuiles disponibles aux côtés de nouvelles tuiles prises dans les piles de réserve. Le Premier Joueur change également dans le sens horaire.

Lorsque toutes les piles de réserve ont été épuisées, la partie prend fin. Les joueurs calculent leur score en multipliant, pour chaque type de Quartier, sa valeur avec le nombre d’étoiles contenu dans les Place possédées correspondantes. Les pierres restantes rapportent un point. Le joueur avec le plus grand nombre de points remporte la partie.

Oui ou Non

  • Un jeu de pose de tuiles d’une efficacité redoutable
  • Un matériel de qualité
  • Des règles du jeu très accessibles
  • Un casse tête d’optimisation relevé
  • Des choix de tuiles très opportunistes
  • Fonctionne très bien quelque soit les configurations
  • Une très grande rejouabilité
  • Les variantes proposées
  • Très peu d’originalité
  • Des sensations assez linéaires et plates
  • Une direction artistique décevante

En Résumé

Oui AKROPOLIS est un jeu de tuiles. Même qu’on va les empiler ! Et pour le même prix, elles vont « scorer » de différentes façons selon leur type. On va même construire une ville. Et les Places seront des coefficients multiplicateurs de points. J’ai mal entendu, vous avez dit ? Manque d’originalité ? Oui c’est ça…

Oui, c’est clairement ça ! Bon, c’est le seul gros point noir du jeu. C’est vrai qu’on est pas franchement épaté par la nouveauté de la proposition. Tous les ingrédients sont vus et revus. On retrouve du TALUVA dans la superposition et dans la forme des tuiles, du KINGDOMINO dans le décompte final, et du « beaucoup de jeux trop biens » dans la rivière de tuiles disponibles à choisir. AKROPOLIS est donc un doux et savoureux mélange de ce qui se fait de mieux en matière de tuiles et c’est justement loin d’être une tuile.

Maintenant que j’ai insisté assez lourdement sur son manque de fraîcheur, on peut passer à son efficacité redoutable. AKROPOLIS tourne comme une horloge suisse. Les parties ne dépassent pas les 30 minutes annoncées. Les tours sont fluides. L’expérience se veut dynamique. Les règles tiennent sur trois petites pages. On s’attend alors à un jeu familial léger et agréable. Léger, on oublie ! Ou tout du moins dans les réflexions que le jeu impose. AKROPOLIS est en effet un véritable casse-tête. Agréable, on garde ! Le jeu a l’art de rendre complexe le simple et calculatoire le spontané ! En effet, tout va très vite et pourtant l’organisation de la Cité de chaque joueur réclame une profonde rigueur, que la durée de partie intensifie.

Le jeu a l’art de rendre complexe le simple et calculatoire le spontané !

Cette urgence à faire les bons choix aux bons moments s’oppose également à un sentiment de liberté gigantesque. Ou presque ! Car les joueurs sont quasiment certains lors de leurs premières parties de ne pas optimiser au maximum la position de chaque Quartier ou Place. N’étant que très peu contraints sur chaque placement, les joueurs se laissent souvent aller à leurs envies sans véritable calcul de rentabilité. Dès la deuxième partie, cette grande liberté ressentie s’amenuise. En effet, chaque décision est pesée lourdement et les options de tuiles ou de placements diminuent en conséquences.

Ceci donne des parties très tendues ou il faut essayer dans la mesure du possible d’être présent sur tous les tableaux et le plus en hauteur possible. Et bien évidemment, ce défi est bien plus relevé que le jeu le présentait en ouverture de boîte.

L’opportunisme dans les choix des tuiles côtoie l’optimisation de leur agencement.

Si AKROPOLIS n’invente rien, ce qu’il fait, il le fait parfaitement bien. Ses règles se tournent résolument vers la famille ou des joueurs souhaitant un peu de légèreté. Les variantes proposées viennent appuyer sur certains traits et apportent une rejouabilité, déjà très grande rien qu’avec le concept de base. L’opportunisme dans les choix des tuiles côtoie l’optimisation de leur agencement. AKROPOLIS est d’une droiture assez impeccable. Pour oser une métaphore douteuse, je pourrai finir par dire qu’il est presque trop propre sur lui… Il m’a manqué un brin de folie pour m’embarquer réellement. L’expérience, assez linéaire, ne surprend à aucun moment. Cela dit, elle rassure de très belle façon.

Au Final

Redoutable ! ★★★★☆

De la pose de tuiles d’une efficacité fracassante, mais sans surprise !

Les Extensions

Une fois le jeu de base maîtrisé, la première extension d’AKROPOLIS devient vite indispensable tant elle change les habitudes des joueurs. Dorénavant, ils peuvent réaliser des objectifs communs pour obtenir des récompenses. Celles-ci prennent la forme de petites tuiles supplémentaires que les participants ajoutent à leur Cité pour renforcer leur « scoring ». Aussi, satisfaire les quatre objectifs de partie permet d’augmenter considérablement les points marqués en fin de partie par les pierres inutilisées.

Sans alourdir le jeu, les sensations deviennent encore plus tendues. La compétition fait rage entre le « draft » des tuiles et la course aux avantages donnés par les objectifs réalisés. Le jeu devient plus profond tout en restant parfaitement élégant. Certes, cette extension n’est pas des plus innovantes, mais elle se révèle redoutablement efficace.

Si ATHENA apporte quelque chose de très classique, PANTHEON se veut bien plus singulier et excentrique. Il transforme purement et simplement AKROPOLIS en un jeu coopératif. Chapeau pour ce pari ! Et dans l’ensemble, le défi est réussi.

Certes, je lui préfère de loin son penchant originel pour la compétition, mais force est de constater que construire sa petite Cité pour bâtir ensemble une Capitale la plus pourvoyeuse de points de victoire possibles, fonctionne très bien. Les joueurs doivent donc s’entendre collectivement pour positionner au mieux les tuiles et surtout les parcs dans un espace commun. Mais construire la Capitale coûte de la pierre et cette ressource devient rapidement le nerf de la guerre. En fin de partie, seule l’espace commun sera comptabilisé ! Pour ce faire, ils doivent réaliser des objectifs dans leurs espaces personnels.

Le principe est vraiment malin et l’idée extrêmement brillante. Maintenant, j’avoue m’être un peu ennuyée tant le nombre de points à réaliser en commun ne me motive pas des caisses. Par contre, je reconnais volontiers que les « fans » de jeux coopératifs trouveront ici un casse-tête d’optimisation plaisant et bien fichu.


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Un commentaire

  1. Merci beaucoup de tous vos compliments !
    Akropolis ne fait absolument pas doublon avec Gingkopolis… Les deux jeux n’ont pas grand chose à voir. Le premier est beaucoup plus « grand public » et la mécanique est bien plus accessible et « commune ». Si je devais en garder un, ce serait Gingkopolis, qui pour moi, est absolument génialissime et d’une grande subtilité. Mais il se mérite plus 😉

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