Un Œil sur ZAPOTEC

Carte d’Identité

1-4 joueurs

12 ans

60 min

Placement / Cartes / Gestion

Amateurs

Janvier 2022

40 €

Auteur : Fabio Lopiano
Illustrateur : Zbigniew Umgelter & Aleksander Zawada
Éditeur : Pixie Games
Distributeur : Pixie Games


Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Rejouabilité

★★☆☆☆
★☆☆☆☆
★★★☆☆
★★★☆☆
★★★☆☆
★★★☆☆

Une description rapide

Ravivez la grandeur passée des Zapotèques, une civilisation précolombienne ayant prospéré dans la Vallée d’Oaxaca en Méso-Amérique !

Le plateau principal est divisé en trois régions, subdivisées en trois sections représentant trois types de terrains différents (plaines, collines, forêts). Les cases de ses sections accueillent des tuiles Bâtiment de trois genres (Temples, Villages, Champs de maïs). Une partie se déroule en cinq manches, composées de deux phases :
– Choix d’une carte Action. Simultanément, les joueurs sélectionnent une carte Action de leur main et la pose face cachée devant eux. Les cartes présentent trois informations : la ressource déterminant la colonne ou rangée d’activation des revenus sur la grille personnel de chaque joueur, la « propriété » déterminant les cases potentielles de construction du joueur actif, et l’ordre d’initiative déterminant l’ordre de jeu durant la deuxième phase.
– Revenus et Actions. Les joueurs révèlent dans un premier temps leur carte jouée. Selon l’ordre d’initiative donnée par celles-ci, les joueurs effectuent successivement deux étapes :
° Ils collectent leurs revenus. Pour cela, ils choisissent d’activer la colonne ou la rangée de la grille de leur plateau personnel correspondant à la ressource figurant sur leur carte jouée et récupèrent toutes les ressources associées.
° Ils réalisent leurs actions. En premier lieu, ils effectuent dans l’ordre de leur choix l’ensemble des Actions de la Capitale qu’ils souhaitent. Il est possible de dépenser de l’or pour acheter des tuiles Commerce, octroyant des bonus instantanées ou permanents. L’action Rituel permet de placer un disque personnel sur une des trois cartes correspondantes afin de s’assurer de marquer des points en fonction des conditions qu’elle préconise. En dépensant une ressource de chaque type et un Prêtre, les joueurs peuvent construire un étage de Pyramide permettant à leurs Maisons de « scorer » en fin de partie si leurs constructions se situent dans les « propriétés » préconisées par celles associées aux Pyramides. Les joueurs peuvent également faire un Sacrifice et faire monter leur curseur sur la piste correspondante, en payant un Prêtre et du maïs, et ainsi obtenir différents bonus. Après avoir effectuer les actions de la Capitale, le joueur actif peut dépenser des ressources pour construire des Maisons uniquement dans la « propriété » (région, type de terrain, type de bâtiment) autorisée par la carte qu’il a joué en début du tour de jeu. Il positionne alors une de ses Maisons sur la case choisie, en récupérant la tuile déjà présente. Cette dernière est placée sur un emplacement de sa grille de ressources afin d’améliorer les prochaines phases de Revenus. Enfin, le joueur actif remporte deux points de victoire pour chacune de ses Maisons se trouvant sur « la propriété » préconisée par la carte placée dans la section Propriété du plateau principal. Il termine son tour de jeu en choisissant une nouvelle carte Action parmi l’offre disponible pour compléter sa main.
Lorsque tous les joueurs ont effectué leur tour de jeu, la carte Action non choisie de l’Offre vient superposer celle présente dans la section Propriété. Les cartes Action jouées sont positionnées dans l’Offre en plus d’une nouvelle carte de la pioche.

La partie se termine à l’issue des cinq manches. Le décompte final, déterminant le vainqueur, octroie des points de victoire selon :
– L’avancée sur la piste de Sacrifices
– Les rituels validés
– Les maisons construites sur des « propriétés » préconisées par les Pyramides pour lesquelles les joueurs ont construit un ou plusieurs étages.

Oui ou Non

  • Un mélange de gestion et de placements abstraits déconcertant
  • L’intégration de plusieurs mécaniques originales, notamment la grille de Revenus, et le positionnement selon la « propriété » imposée par la carte jouée
  • Un manque cruel de ressources en permanence rendant les décisions très tendues
  • Des intéractions intégrées à petites doses dans toutes les sections du jeu, les rendant en conséquences fortes
  • Une montée en puissance très agréable de part la construction du moteur de « revenus » personnel
  • Les possibilités offertes aux joueurs de choisir eux-même leur façons de marquer des points (Pyramides, section « Propriété », Rituels)
  • Des règles relativement accessibles pour des dilemmes tactiques et stratégiques permanents
  • Des choix esthétiques vraiment pas terribles
  • Des parties très courtes et extrêmement frustrantes
  • Un thème plaqué
  • Un manque de fluidité dû aux nombreuses actions possibles lors d’un tour de jeu
  • Meilleur à partir de trois joueurs

En Résumé

Après Merv et Ragusa, Fabio Lopiano livre son troisième titre en un peu plus d’une année. ZAPOTEC résume les traits caractéristiques d’un auteur original, aux tendances abstraites et guidé par la volonté de rendre simple la complexité.

Débarrassons-nous tout de suite du négatif… ZAPOTEC n’est pas joli. Les différents types de territoires sont représentés de manière grossière et les couleurs utilisées sont loin d’être attirantes. Le choix d’un matériel hybride, entre bois et plastique, est curieux. Le rendu visuel est vraiment décevant contrairement à la belle qualité du matériel. Ainsi, ZAPOTEC, à l’image de Ragusa, et à l’inverse de Merv, ne peut pas miser sur son esthétique pour emballer les foules.

Heureusement, la mécanique va très rapidement prendre le dessus. En incorporant plusieurs originalités, comme à son habitude, Fabio Lopiano livre un jeu à la fois singulier et classique. En effet, comme dans la plupart des jeux de gestion actuels, il va s’agir de récupérer des ressources plutôt communes, telles que la pierre, le bois, la brique ou encore le maïs pour construire des bâtiments, grimper sur une piste ou valider des objectifs. Jusque là, le terrain est plus que connu. Sauf que ZAPOTEC se distingue, dans un premier temps, par la façon de collecter des ressources. Les joueurs devront se construire un moteur efficace afin d’activer des lignes et des colonnes de leur grille personnelle de plus en plus pourvues de tuiles bâtiments, augmentant les ressources potentiellement récupérables. Ce système « d’engin-building » de collecte s’avère vivifiant.

Autre particularité du jeu, les joueurs sont acteurs de leurs façons de « scorer », à la fin de chaque manche ainsi qu’à la fin de la partie. Les Rituels validés, mais surtout le choix des « propriétés » valorisées, soit par la carte Action restante de la pioche d’une manche à l’autre, soit par la participation aux constructions des Pyramides représentent le cœur du système de jeu et guident les options tactiques et stratégiques des joueurs.

La gestion côtoie l’abstrait avec une grande réussite.

Cette dernière mécanique provoque des interactions fortes que l’on retrouve disséminées un peu partout avec justesse et légèreté. Que ce soit dans l’avancée sur la piste des Sacrifices, sur le choix des cartes Action ou des tuiles Commerce, sur le placement des Maisons ou encore sur la participation aux constructions de Pyramides, les joueurs seront dans l’obligation de prendre en compte les choix adverses pour décider de leurs actions. Le jeu se veut en conséquence assez opportuniste.

Enfin, ZAPOTEC est à rapproché encore une fois de Ragusa dans l’extrême frustration qu’il provoque. Les parties sont extrêmement courtes pour concilier toutes les actions à entreprendre. Les ressources nous manquent cruellement. De plus, un tour de jeu repose essentiellement sur le choix d’une carte Action, provoquant récupération de revenus et construction de Maisons. Les règles sont ainsi très accessibles pour un jeu réclamant beaucoup de rigueur. Certes, il est possible de réaliser plusieurs Action de la Capitale, ternissant d’ailleurs quelque peu la fluidité du titre. Mais, la volonté de l’auteur de simplifier les sensations d’un jeu aux critères experts se ressent chaque seconde.

Un auteur original, aux tendances abstraites et guidé par la volonté de rendre simple la complexité.

Il apparaît très difficile d’avoir un avis tranché d’un côté ou de l’autre sur ZAPOTEC. Ses singularités sont très agréables tout comme les interactions, incorporées à petites doses, pour finalement donner un jeu très dépendant des joueurs adverses. La gestion côtoie l’abstrait avec une grande réussite et l’accessibilité des règles contredit les nombreuses possibilités de « scoring ». ZAPOTEC est un mixte intelligent entre classicisme et modernité dans un jeu expert agréablement ramassé. Il lui manque sans doute un encrage thématique un peu plus palpable et une direction artistique moins floue pour qu’il m’emballe encore davantage.

Au Final

Sympathique ★★★✯☆

Un concentré de gestion et d’interactions !


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