Un Œil sur BOREAL

Carte d’Identité

2 joueurs

10 ans

25 min

Gestion / Placement

Amateur

Mars 2024

18 €

Auteur : Masafumi Mizuno
Illustrateur : Yuko Iwase
Éditeur : Spiral Editions
Distributeur : Blackrock Games


Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

☑☐☐☐☐
☑☑☑☑☑
☑☑☑☐☐
☑☑☑☐☐
☑☑☐☐☐
☑☑☑☐☐
☑☑☑☐☐


Exemplaire Presse

Une description rapide

Incarnez une exploratrice en quête de découvertes du monde nouveau, résultant de l’ancien.

Une partie est une succession de tours de jeu, composés de deux phases :
– Exploration. Le joueur actif réalise l’une des deux actions suivantes :
° Découverte : choisir une carte du plateau (ou de sa réserve), qui lui est accessible selon la position de son pion Exploration, en payer son coût en ressources (en déplaçant vers la gauche son pion Exploration) pour la positionner dans sa pyramide personnelle, et appliquer son éventuel pouvoir. Cette pyramide se constitue de quatre étages, allant de quatre cartes à une à son sommet.
° Repérage : choisir n’importe quelle carte du plateau et la mettre dans sa réserve.
Si une carte est retirée par cette action du plateau, elle est ensuite remplacée par la première de la pioche pour le tour suivant.
– Repos. Le joueur actif récupère un nombre de ressources égal au nombre d’icônes correspondantes, présentes sur les cartes de sa pyramide, sans prendre en compte celles situées en dessous d’au moins une autre carte.

La partie se termine lorsqu’un joueur parvient à terminer sa pyramide, après un nombre de tours de jeu équivalent. Les joueurs additionnent les points de victoire qu’octroie chaque carte de sa pyramide sous conditions, pour déterminer le vainqueur.

Oui ou Non

  • Une direction artistique grandiose
  • Un duel très efficace, sans fausse note
  • Un titre porté par deux twists concernant la gestion de ressource et les possibilités d’achats de cartes
  • Une réelle tension sur le marché de cartes, source d’interactions objectives
  • Un jeu très complet, entre gestion, « draft » et placement presque abstrait
  • Un format idéal et collant à l’air du temps
  • Un thème illusoire
  • Des sensations froides paradoxalement à ce qui se joue autour de la table
  • Une finalité manquant de singularité

En Résumé

Suis-je la seule à penser inévitablement à Zelda Breath of the Wild, en observant attentivement l’illustration de couverture de BOREAL ?Évidemment, la comparaison est plus que flatteuse tant le jeu vidéo est d’une splendeur sans nom. Avec un tel encrage esthétique, on attend beaucoup de ce deuxième titre de Spiral Éditions. Passer après DISTRICT NOIR, n’est pas chose facile non plus. Espérons qu’il soit à la hauteur !

Esthétiquement, c’est de la bombe. Les illustrations des cartes sont à la hauteur de l’affiche. Associées, elles forment des fresques superbes, à l’image de celle du plateau à assembler. Les traits sont fins, subtils et habités. Le thème, lui, l’est un peu moins, habité… Si, sur le papier, le côté aventure et découverte me fait toujours frissonner d’envie, l’expérience se veut bien plus paisible et mécanique. On ne va pas se mentir, l’immersion n’est clairement pas au rendez-vous. Par contre, la qualité du matériel, elle, est également remarquable. D’ailleurs, les cartes tirent sur de la tuile, tant leur épaisseur est agréable.

Esthétiquement, c’est de la bombe.

Mécaniquement, BOREAL fait un peu du neuf avec du vieux. Et à ce petit jeu-là, il est « Flambant vieux » pour reprendre les paroles d’une grande artiste. Je m’explique… À leur tour, les joueurs vont acheter une carte pour l’ajouter à leur pyramide, qui en comprendra dix à la fin de la partie. Ainsi, chacune rapporte des points bruts ou sous conditions, le plus souvent fonction d’autres cartes adjacentes ou non. L’essentiel du système de jeu n’est donc pas franchement révolutionnaire.

Mais deux petits twists vont apporter un peu de fraîcheur. Le premier, c’est évidemment ce curseur personnel affichant les ressources disponibles ainsi que les cartes pouvant être achetées. Et plus vous avez de moyens, plus vous avez de possibilités. Un peu comme dans la vraie vie en somme, même si évidemment l’argent ne fait pas le bonheur… Pour accroître un peu la filouterie du « schmilblick », cette jauge est inversée entre les duellistes afin qu’une carte soit la plus simple à récupérer pour l’un, et la plus complexe pour l’autre. Les quelques interactions proviennent d’ailleurs de cette ingéniosité. Le « quelques » est un peu exagéré, car objectivement, des interactions, il y en a quasiment toute la partie sur le choix des cartes à sélectionner. Mais, en vérité, le titre est assez froid et l’expérience ne rend pas totalement compte des potentiels coups foireux qu’on peut réaliser.

Le deuxième twist concerne la récupération de ressources en mode « vague ». On ne produit rien ou presque rien, puis le placement de cartes permet d’être de plus en plus à l’aise Blaise, pour retomber dans le manque et dans le désespoir, et ainsi de suite. En effet chaque carte surmontée d’une autre ne produit malheureusement plus, ce qui crée une certaine obligation de faire les choses dans le bon ordre comme un bon petit soldat, ce qui a pour conséquence de créer une vraie tension sur certaines cartes convoitées. Pour pallier ces fluctuations de production de ressources, les joueurs devront montrer leur capacité de gestion.

BOREAL est le gendre idéal. Il est parfait sous tout rapport. Il est bon. Il est même très bon.

Ainsi, entre gestion, placement, et « draft » de cartes, BOREAL est un jeu pour deux joueurs complet, qui plus est, proposé dans un format presque de poche, et permettant un temps de jeu très limité. En résumé, BOREAL est le gendre idéal. Il est parfait sous tout rapport. Il est bon. Il est même très bon. Mais moi, le gendre idéal, ce n’est pas mon idéal, justement. En critiquant la perfection, les chaumières ludiques vont me hurler dessus, et à juste titre. Mais, je le trouve trop propre, trop net, trop exemplaire. Il lui manque cette fougue, cette inventivité, cette faille pour m’amener dans des contrées émotionnelles plus lointaines. Oui, il est malin, mais j’aurais aimé que la subtilité d’utilisation des curseurs Exploration nous fasse davantage voyager. Ces constructions de pyramides sont un peu ternes à côté de twists si audacieux.

Il lui manque cette fougue, cette inventivité, cette faille pour m’amener dans des contrées émotionnelles plus lointaines.

Cela dit, BOREAL reste un excellent jeu, droit dans ses bottes, très soigné et particulièrement ambitieux pour ce format. Il sera, à coup sûr et de façon amplement méritée, l’un des jeux à deux qui comptera cette année.

Au Final

Soigné !
★★★✯☆

Un duel très efficace, manquant légèrement d’âme malgré des twists ingénieux !


le.meeple.jaune a besoin de vous !

Vous pouvez me soutenir en faisant un don :
Et/ou en cliquant sur ce lien (tout en acceptant les cookies) pour réaliser vos achats :


D’autres Articles autour de ce Jeu


Un commentaire

Commentez