Vroom – Le Jeu de Course Coopératif

Auteur : Antonin Boccara
Illustratrice : Amélie Guinet
Éditeur : Big Moustache Games
Distributeur : Blackrock Games


3-6 joueurs

8 ans

30 min

20 €

Mai 2026

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

☑☑☑☑☑
☑☑☑☑☐
☑☐☐☐☐
☑☑☐☐☐
☑☑☑☑☐
☑☑☑☑☐
☑☑☑☐☐


Coopératif / Course / Guessing

Ambiance / Familial

Faîtes arriver vos voitures dans le bon ordre !

Terminer les trois courses sans vider la pioche Roue de Secours.

Une partie se déroule sur trois courses, aux circuits différents. Une course se compose de cinq tours de jeu. Lors de chaque tour, les joueurs piochent une carte Vitesse qu’ils consultent secrètement. Puis, en suivant l’ordre des numéros de voiture (que possède chaque joueur), chaque participant déplace sa voiture selon la valeur de la carte qu’il vient de piocher puis place cette carte devant lui, face cachée. Attention, aucune voiture ne doit dépasser la ligne d’arrivée (mise en place en début de partie) avant la fin du 5ème tour, mais au moins une voiture doit l’avoir franchi lors du 5ème tour. À la fin de la course, en suivant les positions des voitures (de la première à la dernière), les joueurs révèlent l’ensemble de leurs cartes Vitesse pour faire la somme de leurs valeurs. Si le classement des voitures correspond aux valeurs croissantes des vitesses totales, les participants passent à la prochaine course. Sinon, ils récupèrent une ou deux cartes Roue de Secours de la réserve (mise en place en début de partie), pour la ou les voitures à retirer pour obtenir un ordre croissant. Des cartes Évènement sont ensuite ajoutés lors des deuxième et troisième courses imposant des contraintes.

Si les joueurs terminent leur troisième course sans manquer de cartes Roue de Secours, ils remportent la partie. À l’inverse, s’ils perdent leur dernière Roue de Secours, et qu’ils ont encore besoin d’en récupérer une autre, les joueurs perdent la partie.

  • Un concept abstrait brillant
  • Un matériel original et attirant
  • Une table en guise de plateau de jeu et l’utilisation ingénieuse d’objets du quotidien comme éléments de jeu
  • Du « guessing » très aléatoire et amusant
  • Une ambiance souvent survoltée autour de la table
  • Les surprises des enveloppes à ouvrir et découvrir
  • Deux modes de difficultés
  • Un côté télépathique « fun » et aux fortes émotions
  • Certains évènements plus inspirés que d’autres
  • Bien meilleur à partie de 4 joueurs
  • Un effet « Whaou » sui se tasse au fur et à mesure des parties

VROOM fut la sensation du dernier Festival International des Jeux de Cannes. Le jeu a fait beaucoup parlé de lui dans les allées et sa sortie boutique est très attendue. Il s’agit du deuxième jeu de Big Moustache Games dont le premier opus, OPÉRATION ZÈBRE, s’est également fait remarquer très positivement. La pression est bien là pour cet éditeur qu’il faut désormais suivre de très près !

VROOM est difficile à « pitcher ». Très succinctement, les joueurs piochent, à leur tour, une carte Vitesse et font avancer leur voiture de la distance qu’il considère correspondre à la vitesse affichée sur la carte récupérée. Évidemment, il est interdit de communiquer sur cette valeur. À la fin des cinq tours de jeu, lorsqu’une voiture, au minimum a franchi la ligne d’arrivée, les participants révèlent l’ensemble de cartes avec lesquelles ils ont joué. L’ordre des voitures doit alors correspondre à l’ordre des sommes des valeurs que possèdent les participants. C’est tout bête, l’idée est brillante, mais fallait-il y penser !

Vous l’aurez compris, l’expérience est coopérative et bondée de « Guessing » pour tenter de deviner les cartes possédées par nos petits camarades en fonction des avancées qu’ils produisent sur leur voiture. Des cartes Événement sont ajoutées au fil des manches et différents modules sont à découvrir parties après parties. Et heureusement, car une fois le concept de génie découvert, l’effet « Whaou » s’estompe sérieusement. Le jeu peut même tourner au fiasco si les joueurs ne s’emparent pas de la bête et n’essaient pas de faire un peu le spectacle. Oui, l’ambiance peut être complètement survoltée ou extrêmement plate. Concrètement, à moins de quatre joueurs, ce n’est pas la folie furieuse ! On s’embête même assez fermement. Mais, lorsque les joueurs s’avèrent plus nombreux, les défis deviennent plus relevés, le titre devient amusant, surprenant et souvent drôle.

VROOM fait partie de ces jeux qu’on aime faire découvrir au plus grand nombre. Mais une fois les premières parties réalisées, a-t-on vraiment l’envie d’y revenir ? Je dirais oui et non… Oui, car les enveloppes à ouvrir poussent notre curiosité à aller plus loin et certaines emportent réellement le jeu dans des sphères assez lointaines et de plus en plus poussées. Non, car la première partie se révèle tellement brillante et époustouflante que les suivantes sont souvent décevantes. C’est le risque de tous les titres dont le concept est si fort qu’il camoufle parfois les sensations de jeu.

Et les sensations, et bien il faut le dire, sont un peu réduites à néant. Pourtant, il se passe vraiment quelque chose ! D’ailleurs, le jeu est, chose rare, aussi agréable à jouer qu’à observer. Mais les joueurs peuvent avoir la sensation de ne pas être vraiment actif. C’est mon cas, je pioche une carte, j’avance ma voiture et j’attends… Je ne trouve pas les choix à réaliser très stimulants. Pourtant, je le redis, il existe une vraie effervescence autour de la table de jeu. Ce paradoxe entre ce que font les joueurs de manière effective et l’impression de ce qu’ils font est assez fou.

Ainsi, si VROOM est brillant de par son concept, l’expérience, avec le temps déçoit légèrement. J’ai fait expérimenter le jeu à un public absolument pas joueur et le verdict est sans appel… Les participants n’ont pas accroché du tout. Là où le monde ludique est épaté et crie au génie, beaucoup de personnes restent de marbre. Pourquoi ? Peut-être qu’ils s’attachent davantage, et sans comparaison possible, au moment passé. Sans culture ludique, comment être étonné par un jeu ou le temps d’action est inférieur à cinq secondes par tour et dans lequel l’enjeu n’est pas des plus engageants ?

En ce sens, VROOM ne plaira pas à tout le monde. Certains joueurs vont s’ennuyer et d’autres vont s’extasier devant une idée minimaliste et brillante. Le risque est que le concept reste à l’état de concept, que les joueurs parlent aux joueurs (avec un certain snobisme), et que l’expérience ne provoque pas les émotions voulues. Pour autant, VROOM propose quelque chose de véritablement rafraîchissant et innovant. Son matériel, notamment les voitures en bois, se révèle très attrayant. Le fait de jouer directement sur une table et d’utiliser les objets du quotidien pour former un espace de jeu est également une chouette idée. Je suis, c’est vrai, moins convaincue par certains événements ou variantes, qui n’apportent pas toujours de richesse supplémentaire aux parties. Mais ces éléments évitent indiscutablement que le jeu ne s’essouffle trop vite. L’édition est, quant-à-elle, parfaite et la boîte inclut même les autocollants pour suivre les défis accomplis. L’ambiance très « seventies » des illustration fonctionne parfaitement avec les voitures en bois. Non, vraiment, VROOM, c’est bien, mais pas trop souvent !

Excentrique !

Un jeu de course coopératif original misant sur sa curiosité à être jouer et à être observer.



Commentez