Bella Vista

Auteurs : Andrea Mainini & Bruno Cathala
Illustrateurs : Cyrille Bertin & Weirdloop
Éditeur : Studio H
Distributeur : Gigamic


2-4 joueurs

8 ans

30 min

38 €

Mai 2026

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Placement / Enchères

Familial / Initié

Incarnez un architecte et tentez de faire fortune en érigeant des bâtiments aux meilleurs emplacements possibles !

Être le plus riche en fin de partie.

Une partie se compose de huit manches, scindées en trois phases. Lors de la phase d’Offre, les joueurs choisissent une carte Construction de leur main et la positionnent (face cachée) sur un des emplacements vides du plateau d’Offre. L’ordre de cette action est déterminé par les bâtiments construits lors de la manche précédente (valeur croissante). Chaque emplacement affiche un prix à payer immédiatement pour pouvoir y placer sa carte. En commençant par l’architecte ayant payé la plus grande somme, les joueurs réalisent leur phase de Construction. Dans un premier temps, ils placent le bâtiment correspondant à la carte qu’ils viennent de jouer (donc révélée) sur des cases libres de la Ville en respectant la carte Contrainte de la manche en cours. Puis, ils gagnent des pièces en fonction des bâtiments adjacents au bâtiment venant d’être construit (une pièce pour chaque bâtiment de taille strictement inférieure et trois pièces s’il s’agit du plus haut bâtiment). Enfin, ils peuvent prendre une carte Contrat si leurs bâtiments remplissent les conditions réclamées. À la fin de chaque manche, les cartes Construction des joueurs sont mises en ordre croissant en bas du plateau d’Offre indiquant ainsi le prochain ordre du tour. Les participants piochent également une carte Construction de leur paquet respectif, complètent les cartes Contrat et révèlent une nouvelle carte Contrainte.

La partie se termine à la fin de la huitième manche. Les joueurs ajoutent aux pièces qu’ils possèdent déjà le montant de leurs cartes Contrat possédées et reçoivent des pièces pour les deux cartes Objectif (mises en place en début de partie) pour déterminer le vainqueur.

  • Une édition aux petits oignons avec notamment le tiroir à bâtiments (déjà montés) ingénieux et pratique
  • Un jeu attirant de par sa présence sur table et une illustration de couverture épurée très moderne
  • Le système d’enchères (à la Five Tribes) pour déterminer l’ordre du tour de jeu
  • Des objectifs éphémères et long terme à prendre en considération en permanence, en plus des contraintes de placement
  • Des scores très serrés
  • Un jeu de placement très agréable, à la fois moderne et classique
  • Un moment de programmation tactique évitant les temps d’attente trop importants
  • Un temps de jeu impeccable et évitant ainsi la répétitivité
  • Des interactions fortes et permanentes
  • Une très belle variété avec les plateaux modulables
  • Un jeu en apparence accessible mais bien plus subtil et tactique qu’il en a l’air
  • Une lisibilité peu évidente entre les deux nuances des quatre couleurs de territoires et les immeubles en 3D
  • Un nombre d’objectifs de fin de partie trop restreint
  • Le joueur fictif à trois joueurs

BELLA VISTA est le tout dernier jeu de Studio H dont les derniers opus ne m’ont pas particulièrement marquée. Mais j’ai de beaux espoirs pour celui-ci !

Déjà, parce qu’il s’agit de construire une ville. Et j’aime bien ça, moi, ériger des bâtiments dans tous les sens ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les constructions des joueurs en mettent plein la vue ! Le jeu est tout simplement sublime. Le rendu en fin de partie oblige les participants à immortaliser photographiquement le moment passé. Non, franchement, il est difficile de rester insensible à ces immeubles colorés en trois dimensions. On a beau dire que l’esthétisme n’est pas si important, il accompagne quand même grandement vers le plaisir ludique.

Plus globalement, BELLA VISTA (qui porte d’ailleurs son nom à la perfection) s’illustre de la plus belle des façons sur le plan éditorial. La boîte « tiroir », inspirée de LEADERS, du même éditeur, continue de me subjuguer. En renfermant les immeubles déjà construits, elle participe grandement à la mise en place rapide et agréable du jeu. Encore une fois, STUDIO H ne fait rien à la légère et ce soin, apporté à toutes leurs créations, se révèle plus qu’appréciable.

Mais tout n’est pas parfait ! Le premier bémol vient d’un manque de visibilité. Certes, voir une ville se développer sous nos yeux ébahis est jouissif. Mais, au bout d’un certain temps de jeu, on ne voit plus grand-chose. Les joueurs sont donc obligés de se mettre debout pour apprécier les espaces restants et avoir une vision d’ensemble convenable. C’est le prix à payer, et difficilement évitable, de la trois dimensions. Aussi, je me pose une question depuis que j’ai le jeu entre mes mains. Pourquoi avoir choisi de distinguer certains quartiers en conservant la même couleur, et en hachurant l’une par rapport à l’autre ? J’aimerais avoir une réponse… Pourquoi ne pas avoir fait le choix de huit couleurs différentes avec des symboles très différents plutôt qu’avec des symboles semblables affichant le clair et le foncé de manière inversée. Pour le coup, on ne voit rien du tout. Ou alors ce sont mes yeux, pas habitués à cet exercice périlleux… Sincèrement, lors de toutes les parties que j’ai faites, et avec différents camarades à chaque fois, le souci de lisibilité s’est posé, et encore plus quand les bâtiments couvrent de plus en plus les terrains dont on ne distingue plus les hachures ou les couleurs pleines. Aussi, je ne trouve pas les cartes Objectif particulièrement claires. Le retour à la règle est bien trop récurrent pour quelques cartes.

Heureusement, ces quelques problèmes ne viennent pas trop entacher l’expérience, que je trouve particulièrement intéressante. La première phase, proposant une sorte d’enchère minimaliste, rappelle fortement la phase d’ordre de tours de FIVE TRIBES. Ainsi, le joueur faisant le choix de payer cher aura le privilège de placer son bâtiment en premier. Et les places étant chères, cette étape se révèle très subtile.

La phase de placement, ensuite, est également très tactique. Les participants doivent prendre en compte une contrainte de pose, les objectifs de partie et les objectifs éphémères dont ils doivent tenter de réunir les conditions. De plus, chaque immeuble placé peut rapporter de nombreuses pièces selon les bâtiments adjacents. Les joueurs ont donc quatre paramètres à prendre en compte et pas un seul est à négliger tant les tours s’enchaînent vite et que chaque pièce gagnée peut faire la différence.

Oui, BELLA VISTA réussit l’exploit de proposer un jeu de construction hyper malin et très accessible en moins d’une heure de jeu. Même l’enchaînement des différentes phases ne casse pas la dynamique et la fluidité du titre. Le jeu, abstrait sur le papier, parvient à emmener les joueurs avec lui, à tel point qu’ils se prennent pour des architectes le temps d’une partie, ou de plusieurs. L’envie d’y revenir est grande même si je regrette le nombre restreint d’objectifs de fin de partie et moyen terme.

En résumé, j’aime beaucoup BELLA VISTA qui propose un jeu à la fois simple et sophistiqué, abstrait et pourtant très concret, léger mais tactique. Il est droit dans ses bottes et provoque un plaisir simple mais indéniable, renforcé par un matériel du tonnerre. C’est du très bon !

Joyeux !

Des enchères et du placement qui se réunissent avec cohérence pour un jeu plus tactique qu’il en a l’air et très beau !



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