Carte d’Identité

Auteurs : Serge Laget & Bruno Cathala
Illustrateurs : Piero & Jean Ampe & Bruno Tatti
Éditeur : Grrre Games
Distributeur : Blackrock Games

2-4 joueurs

10 ans

45 min

25 €

Mars 2026

Exemplaire Presse
Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété
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Cartes / Collection

Familial / Initié
Description Rapide

Devenez le plus riche du royaume de Nidavellir en échangeant habilement vos équipements.

Collecter le plus d’Aare ou réunir l’ensemble des équipements et une Pierre d’Arcane.

Une partie se compose de plusieurs tours de jeu, divisés en quatre étapes. Lors de la phase d’Approvisionnement, les joueurs reçoivent cinq cartes Équipement (plus une carte supplémentaire par mine possédée). La phase de Trök oblige les joueurs à sélectionner trois cartes de leurs main et de les révéler simultanément. Le participant ayant posé la somme de plus grande valeur devient Maître du commerce et débute les échanges. Il choisit une carte d’un adversaire pour l’intégrer à sa main ou l’échanger contre une carte du marché qu’il récupère alors en main. C’est toujours le joueur chez qui la carte a été prise qui entame l’échange suivant. Cette phase se poursuit jusqu’à ce que toutes les cartes mises en jeu aient été prises. Lors de la phase de Combinaison, en sens horaire en commençant par le Maître du commerce, les joueurs révèlent leurs cartes en main et peuvent réaliser une combinaison d’au moins trois cartes identiques (pour récupérer autant d’Aare que la valeur de cartes et 3 Aare de plus pour chaque carte supplémentaire) et une combinaison d’au moins trois cartes différentes (pour récupérer une carte Équipement parmi un nombre de cartes égal au nombre de cartes formant la combinaison). Enfin, les joueurs défaussent leurs cartes, utilisées ou non, activent les effets de fin de tour de certains cartes Amélioration qu’ils possèdent et complètent la rivière commune de ces mêmes cartes.

La partie s’arrête à la fin d’un tour si un joueur possède au moins 50 Aare. Le joueur ayant accumulé le plus d’Aare remporte alors la partie. Mais il est également possible de remporter la partie de manière anticipée et immédiatement si un concurrent révèle la combinaison parfaite de huit cartes Équipement différentes accompagnées d’une Pierre d’arcane.

Oui ou Non

- Un matériel très agréable, notamment le tapis en néoprène et les pièces en bois imprimés
- Un univers thématique toujours aussi plaisant
- Des échanges de cartes très taquins et hautement interactifs
- Des objectifs limpides de réalisation de combinaisons simples
- Une course aux points courte, tendue, et passionnante obligeant à l’optimisation
- Une belle fluidité
- Des règles accessibles pour un jeu fédérateur

- Une illustration de couverture très peu attirante
- Une iconographie (cartes Amélioration) peu parlante
- Un thème vite oublié


Mon Avis
TRÖK est une version modernisée de MUNDUS NOVUS, jeu sorti en 2011. Ne connaissant ce dernier que de nom, le dernier opus de Grrre Games est donc une entière nouveauté pour moi.
Sans même ouvrir la boîte, le jeu porte un sacré héritage. Il reprend la thématique de NIDAVELLIR, ce qui, sur le papier, a le don de créer beaucoup d’attentes. Aussi, après la disparition de Serge Laget, Bruno Cathala a terminé sa conception seul après l’avoir entamée et développée en collaboration. Le titre prend donc le rôle d’un hommage et se doit d’être à la hauteur de ce fameux duo.
Pourtant, l’histoire commence mal. Je trouve la couverture vraiment pas à son avantage. Alors ce n’est que mon avis, mais cette illustration ne suscite pas l’envie du tout. Son côté austère ne colle pas à la mécanique plutôt haute en couleur du jeu, bourrée de fourberies et créant une ambiance davantage tournée du côté de la sympathie et de la gaieté. La découverte du matériel me rend moins chafouine. Le petit tapis en néoprène, totalement dispensable, apporte une vraie plus-value à l’expérience et les jetons en bois peints décuplent le plaisir de manipulation. Ouf, on est sauvé ! Il n’empêche que je ne suis pas fan non plus des illustrations des cartes même si je ne bloque pas dessus non plus.
Le jeu doit donc se faire pardonner son look ! Et sur ce plan-là, il remplit le job. Oui, c’est vraiment bien TRÖK. Les règles sont accessibles mais ingénieuses, l’expérience est fluide alors qu’elle se compose de différentes manches, le temps de jeu est impeccable et évite le sentiment de répétitivité. Très sincèrement, le travail est propre, carré et sans un cheveu qui dépasse. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai ! Car la mécanique n’est pas si classique que ça. Elle porte même une belle originalité. Les jeux d’échanges purs de cartes ne courent pas les étagères. TRÖK est au final bien plus excentrique qu’il n’y paraît alors même qu’il propose une copie impeccable de rigueur. On imagine le travail pour remettre chaque élément exactement à la bonne place, sans fioriture autour tout en créant un « petit truc en plus ».
TRÖK est au final bien plus excentrique qu’il n’y paraît alors même qu’il propose une copie impeccable de rigueur.
Alors, que font les joueurs dans TRÖK ? Ils choisissent trois cartes de leur main, avant d’aller de servir dans l’offre des autres joueurs afin de réaliser des combinaisons simples. Des cartes identiques rapportent des points de victoires et des cartes différentes offrent la possibilité de récupérer des capacités sur le long terme. La course aux points fonctionne à la perfection et s’accompagne d’une construction d’un mini-moteur très agréable. Les joueurs se doivent d’être attentifs à chaque mouvement de cartes pour mieux contrer leurs adversaires et éviter une fin prématurée par la révélation d’une combinaison parfaite.
Ainsi, les interactions sont fortes, sournoises et donnent surtout beaucoup de plaisir. Les participants doivent saisir les opportunités qui se présentent tout en tentant de laisser des miettes aux autres. Mais ce qui m’a le plus enthousiasmé, c’est son côté décalé par rapport à l’offre actuelle. Je l’ai déjà dit plus haut, mais l’expérience est vraiment rafraîchissante alors que le jeu d’origine a plus de dix ans. Les sensations sont modernes alors qu’on parle combinaisons de valeurs de cartes, récupérations de cartes aux capacités sur le long terme, et course aux points. L’envie d’épure se ressent tout au long de la partie. Alors on peut chipoter sur une iconographie pas toujours très inspirée ou sur une direction artistique sombre et peu attirante, mais on ne peut pas enlever à TRÖK ses très belles qualités ludiques.
J’aime beaucoup TRÖK pour sa simplicité élégante, son classicisme moderne, ses interactions fourbes et la bienveillance qu’il dégage malgré les coups bas.
Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup TRÖK pour sa simplicité élégante, son classicisme moderne, ses interactions fourbes et la bienveillance qu’il dégage malgré les coups bas. Les choix des trois cartes, au début de chaque manche, sont des crève-cœurs à chaque fois et créent des dilemmes tactiques intelligents et peu répandus. TRÖK, c’est d’ la bonne !

Au Final

Malin !
Des échanges de cartes à la fois accessibles et tactiques pour un jeu taquin et très agréable.
