Kilia

Auteur : Lars Ehresmann
Illustrateur : Stefan Sonnberger
Éditeur : Huch & Friends !
Distributeur : Atalia


2-4 joueurs

14 ans

90 min

50 €

Décembre 2025

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Cartes / Développement / Gestion

Expert

Développez votre flotte commerciale pour tirer profit de la nouvelle voie maritime menant jusqu’à Kiel !

Obtenir plus de points de victoire que vos adversaires.

Une partie se compose de plusieurs manches pendant lesquelles les joueurs effectuent alternativement un tour de jeu puis une phase de conseil. Un tour consiste à récupérer une carte Action du plateau de jeu, pour la positionner soit en tant que Marchand, face cachée au centre de son plateau personnel, pour pouvoir bénéficier de son effet lors de l’achat d’une carte Action ou Contrat (contre de l’argent), soit en tant que Développement, sous une zone de son plateau, en laissant visible l’élément voulant être amélioré. Il existe quatre zones de développement possibles, nécessitant chacune le coût d’une ressource spécifique (de plus en plus élevé selon le nombre de cartes déjà ajoutées) : le Château permet de choisir des cartes Action et Contrat du plateau principal dans une offre agrandie (sans payer de coût supplémentaire), l’Université procure des avantages permanents, le Chantier naval permet d’améliorer son bateau afin de transporter davantage de ressource lors de la phase de conseil, l’Entrepôt permet d’ajouter des ressources sur le canal possiblement récupérable lors du déplacement du bateau lors de la phase de conseil. Un joueur actif peut également remplir une de ses cartes Contrat (récupérées en améliorant le château) en s’acquittant des marchandises demandées pour obtenir des récompenses. Enfin, à la fin de son tour, le joueur actif peut revendiquer un objectif commun de partie s’il atteint les conditions réclamées. La phase de conseil consiste principalement à déplacer son bateau le long du canal pour récupérer les ressources (apparaissant dans les espaces vides du bateau) des différents entrepôts construits.

La partie se termine après un dernier tour, lorsqu’un joueur a revendiqué tous les objectifs de la partie. Le décompte final pour déterminer le vainqueur prend en compte les points des objectifs de partie (plus élevés si réalisés avant les adversaires), les points des contrats réalisés, et un bonus de développement selon le nombre de cartes ajoutées dans une section spécifique.

  • Un matériel de qualité et une identité graphique cohérente en rapport avec le type de jeu
  • Un jeu expert accessible aux tours fluides
  • Une construction de moteur agréable permettant une belle montée en puissance
  • De l’originalité dans la forme pour un fond de gestion et de développement très classique
  • L’utilisation des cartes multi-fonctions
  • Un livret de règles parfois un peu confus
  • Des parties trop dépendantes du hasard
  • Un sentiment de répétitivité
  • Des stratégies plus rentables que d’autres

Il y a des jeux qui ne paient pas de mine et qui sortent sans crier gare. C’est le cas de KILIA, bien trop discret et qui risque de passer inaperçu. Ce serait dommage, car le titre est une bonne surprise. Attention, je ne dis pas que c’est le jeu de l’année, mais l’expérience est sympathique. Certes, sans attente, il y a moins de risque de déception ! Mais KILIA vaut le détour.

Déjà, visuellement, c’est assez charmant. L’illustration de couverture fait son effet. Le matériel est véritablement de qualité, entre les ressources en bois et les plateaux double couches. Oui, c’est « maronnasse » mais les couleurs sombres collent plutôt bien avec le thème. Et puis au moins, on sait où l’on met nos mains rageuses de joueurs. C’est, sans aucun doute, de la gestion « à l’allemande » et c’est affiché sur sa « tronchetta ».

Le thème, je ne vais pas m’attarder dessus. Les joueurs tentent de tirer profit d’une nouvelle voie maritime. Hormis le déplacement de bateau, à la fin de chaque manche, le jeu n’est pas très immersif même si les participants ressentent quand même franchement leur développement progressif et une belle montée en puissance.

Et tout ça uniquement par le choix d’une carte par tour. Elles sont à positionner sous le plateau des joueurs pour obtenir davantage de choix dans les cartes futures, des capacités permanentes, un bateau plus rentable ou récupérer davantage de ressources lors de la navigation. Très sincèrement, la mécanique est très bien pensée, entre cartes à plusieurs fonctions, et construction de moteur. Tout s’articule avec une belle fluidité et le jeu s’avère accessible tout en portant une profondeur de réflexions très honnête.

En début de partie, le jeu porte même quelque chose d’assez novateur tout en restant très classique dans les buts à atteindre, à savoir la réalisation d’objectifs communs et de missions personnelles. Malheureusement, le jeu glisse assez rapidement dans de la gestion de ressources plus conventionnelle et perd sa fraîcheur par la sensation de répétition et le temps de jeu trop important.

Mais le plus gros bémol que j’apporte concerne le hasard des cartes qui défilent devant les joueurs. Certes, une option permet de faire apparaître de nouvelles si aucune ne nous parle. Mais il est possible de subir toute une partie sans voir l’ombre d’une carte Bateau ou Encre, nécessaires à une construction de moteur efficace. Certaines cartes sont tout de même bien plus puissantes que d’autres et, en ce sens, les stratégies d’une partie à une autre risquent fort de se ressembler.

Avec une réussite aussi dépendante des cartes disponibles, la frustration peut réellement agacer et les parties peuvent prendre un tournant ennuyeux faute de choix tactiques alternatifs. De ce fait, la très bonne première impression se gâte progressivement. Cela étant dit, KILIA reste un bon jeu, que l’on a plaisir à sortir de temps en temps.

Agréable !

Un jeu expert sympathique et accessible manquant un peu de fougue et trop dépendant du hasard !



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