Popcorn

Auteur : Victor Saumont
Illustrateur : Emilien Rotival
Éditeur : Iello
Distributeur : Iello


2-4 joueurs

10 ans

60 min

35 €

Mars 2025

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Bagbuilding / Placement d’ouvriers

Amateur

Faites de votre Cinéma le plus populaire du quartier !

Une partie est une succession de tours de jeu, scindés en trois phases :
Achats et Réclames. En suivant l’ordre du tour, les joueurs peuvent :
° Acheter un Film. Il s’agit de choisir une carte Film parmi celles disponibles au centre de la table, de payer son coût et de le mettre à l’affiche, c’est-à-dire de l’insérer dans l’une des trois fentes de son plateau personnel. La glissière File d’attente est repositionnée en bas de la carte. Les films achetés en avant-première (sur la première ligne) possèdent un coût supplémentaire, mais permettent de gagner un Spectateur de la couleur du Film récupéré. Aussi, si la tuile Salle présente en face du film mis à l’affiche comprend le nombre exact de sièges qu’il réclame, le joueur actif déclenche un bonus.
° Acheter une Salle. Il s’agit de choisir une tuile Salle parmi celles disponibles au centre de la table, de payer son coût et de l’installer dans une des trois salles de son cinéma.
° Activer leurs jetons Réclame. Il s’agit de récupérer ses jetons Réclame (positionnés lors de tours précédents par des activations d’actions) afin de gagner des spectateurs supplémentaires (à placer dans son sac). Ils proviennent soit de la réserve, soit des plateaux adverses.
Séances. Simultanément, les joueurs piochent dans leur sac un nombre de spectateurs égal à la position de leur curseur sur leur piste d’Influence. Puis, ils les placent sur les sièges de leurs salles (dans l’ordre numéroté des sièges).
Simultanément, les joueurs activent leurs spectateurs. Chacun d’eux peut réaliser une action de Siège, une action de Film avant de se positionner sur la zone de sortie. Les sièges affichent des actions à réaliser si le spectateur assis est de la même couleur que le siège (les sièges gris s’activent avec tous les spectateurs). Les films présentent plusieurs actions qui peuvent être entreprises (une par spectateur) si un spectateur est de la même couleur que le film. Les actions consistent principalement à gagner de l’argent, du popcorn (points de victoire), à gérer son sac, éliminer les spectateurs blancs inutiles, progresser sur la piste d’Influence, récupérer des Labels supplémentaires ou positionner un jeton Réclame.
Fin de tour. Les joueurs montent les glissières des films, qui en vieillissant font apparaître de moins en moins d’actions. Les fils au centre de la table sont réinitialisés.

Dès que la carte Dernière séance est révélée de la pioche Film, les joueurs effectuent un dernier tour avant de réaliser le décompte final. Ils prennent en compte :
– Les popcorns accumulés dans leurs pots.
– L’argent restant (cinq dollars = un popcorn).
– Les cartes Label (objectifs secrets à réaliser).
– Les points des Trophées donnés aux deux joueurs possédant les trois salles les plus chères dans leur cinéma.
Le joueur avec le plus de points remporte la partie.

  • Un thème très bien concrétisé et plutôt rare
  • Une direction artistique superbe (mention spéciales pour les affiches des films)
  • Le plaisir de jeter ses points de victoire dans sa boîte à popcorn
  • Un « Bagbuilding » à la fois solitaire et aux interactions agressives
  • Le concept de bonus à activer selon les éléments de la même couleurs associés
  • Un casse-tête plus redoutable qu’il ne paraît
  • Des sensations fortes de répétitivité
  • Un temps de jeu trop long
  • Un manque de contrôle et une impression de faire sans comprendre
  • Trop de manipulations

POPCORN a de la gueule ! Pardon, de l’envergure ou du charisme si vous préférez… Le titre du jeu fait gonfler l’impatience et le thème excite tout autant. Prenez place, la séance commence !

Il s’agit bel et bien de cinéma dans cette boîte carré bien remplie. Le matériel ne fait aucun doute, entre les illustrations des cartes se rapprochant de grands classiques, les gros sièges douillets représentés sur les tuiles et les récipients à popcorn personnel des joueurs. D’ailleurs, une des bonnes idées est de considérer cette friandise comme les points de victoire du jeu. Je ne vais pas vous mentir, les participants prennent un pied monstre à jeter leurs points de popcorn dans leur boîte surdimensionnée pour l’occasion. C’est sans doute un peu bête mais ce plaisir est assez significatif pour être mentionné.

Tous ces éléments participent à une immersion assez importante alors même que le titre se révèle très mécanique. Gros « Big Up » aux bosseurs de chez Iello pour les titres des films et les réalisations des affiches. Le travail est somptueux et mérite qu’on lui jette un coup d’œil attentif ! Les joueurs (certes, un chouille extrémistes) se surprennent à choisir certaines cartes uniquement pour leurs appellations et leurs propositions graphiques. En résumé, l’édition est vraiment dans son fauteuil rouge.

Il y a bien un petit bémol tout de même ! La boîte et le matériel laissent à penser que POPCORN s’adresse à un public familial. Certes, les règles ne sont pas compliquées, mais le jeu fait bien plus de nœuds au cerveau que prévu. POPCORN est un « Bagbuilding », dans lequel les joueurs doivent faire venir les clients appropriés devant les films projetés, et ce, dans des salles spécialisées. Si ces trois éléments s’accordent, alors c’est le « jackpot » et l’assurance de recevoir de nombreux bonus. En ce sens, il me fait immédiatement penser à MEEPLE LAND, sans les attractions qui vont avec. Mais le principe est proche : faire correspondre les couleurs des « meeples » avec ceux des tuiles ou cartes sélectionnées. Ici, l’expérience est plus punitive. Le jeu laisse peu d’espoir aux mauvais départs. Et sans argent, le jeu devient un véritable enfer.

Les joueurs doivent donc faire des choix de films et de salles cruciaux. Ces éléments, portant de nombreuses informations, sont le cœur des stratégies et leurs potentiels ne s’évaluent pas avec évidence. Il faut également savoir s’en séparer au bon moment quand leur rentabilité devient déficiente. En ce sens, POPCORN est tactique, opportuniste et plutôt malin.

L’autre subtilité sympathique concerne la fiabilité friable des clients qui n’hésitent pas à aller voir ce qui se projette ailleurs, dans d’autres cinémas. Les interactions sont bien senties, même si pas toujours bien acceptées par tout le monde autour de la table.

POPCORN procure de bonnes sensations. La thématique, très agréable et plutôt rare, porte véritablement le jeu vers de très beaux horizons. Pourtant, le titre déçoit quelque peu par son rythme alternatif. La première phase, de choix des éléments, se révèle plutôt lente et poussive alors que le reste d’un tour se joue en simultanée, rapidement, chacun dans son coin. Aussi, cette ambiguïté entre le « chacun fait son cinéma » et les interactions assez agressives surprend. Les manipulations incessantes n’aident pas à lui redonner une certaine fluidité, qu’il perd progressivement au fil des répétitions de manches et d’une partie qui traîne bien trop en longueur pour l’expérience qu’elle propose. Autre souci, le manque de contrôle fait vraiment pester ! Il est très difficile de se donner une ligne directrice et de s’y tenir, mais également de comprendre le pourquoi de certaines actions. En résumé, si Popcorn est un casse-tête bien plus redoutable qu’il n’y paraît, son décor fabuleux ne parvient pas à combler ses lacunes mécaniques.

Incarné !

Un « bagbuilding » bien thématisé, casse-tête, mais peu passionnant !



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