
Carte d’Identité

1-4 joueurs

14 ans

90 min

Placement d’ouvriers / Gestion

Expert

Octobre 2023

60 €

Auteur : Yamada Takeo
Illustrateur : Urabe Rocinante
Éditeur : Sylex
Distributeur : Asmodee
Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Variété
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Exemplaire Presse
Une description rapide
Incarnez une famille marchande et œuvrez pour la grandeur d’Amalfi !
Une partie se compose de quatre périodes, découpées en trois phases :
– Actions. À tour de rôle, les joueurs réalisent une des six actions possibles :
° Navigation. Le joueur actif déplace un de ses navires de sa baie vers le quai libre d’une Destination (du plateau ou personnelle). Il réalise ensuite l’action correspondante à cette Destination en payant un éventuel coût en pain. Il s’agit le plus souvent d’envoyer d’autres navires vers des cales de ressources, de construire un phare ou de récupérer du pain. Si cette destination possède un Phare, son propriétaire peut gagner un pain ou bien envoyer un de ses bateaux dans la cale de ressource que propose cette destination contre deux pains. D’autres Destinations possèdent un effet bonus : ériger un phare ou prendre une carte personnage en main. Les navires présents dans les cales de ressources représentent désormais des ressources. Pour les utiliser, les bateaux reviennent simplement dans la baie. Si le nombre de ressources utilisées dépasse un coût réclamé, le restant se gagne en pain.
° Acquisition. Le joueur actif choisit l’une des cinq cartes de l’Atelier, dépense les ressources indiquées sur celle-ci (avec un éventuel malus ou bonus selon sa position), et la récupère. Il gagne les points de victoire qu’elle porte et son effet immédiat.
° Découverte. Le joueur actif choisit l’une des cinq Destinations de l’Atlas, dépense les ressources indiquées sur celle-ci (avec un éventuel malus ou bonus selon sa position), et la récupère. Il gagne les points de victoire qu’elle porte et peut désormais naviguer vers cette Destination privée.
° Invitation. Le joueur actif joue une carte Personnage de sa main dans son espace de jeu en payant son coût. Les Personnages permettent des effets de quatre types : immédiat, permanent, de fin de partie, activable une fois par manche.
° Engagement. Le joueur actif active une carte Personnage préalablement jouée pour bénéficier de son effet. Il la tourne à 90° pour indiquer son utilisation.
° Construction. Le joueur actif paie un nombre de Bois (en fonction de la manche en cours)pour déplacer un ou plusieurs de ses navires du Chantier naval vers le Port.
À tout moment, il est possible de faire autant d’actions optionnelles que souhaité :
+ Descendre un bateau de la baie vers le port pour récupérer trois ressources et/ou pain. Un bateau au port ne peut plus être utilisé lors de la manche en cours.
+ Défausser une carte Personnage pour obtenir un pain.
Lorsqu’un joueur ne veut pas ou ne peut plus jouer, il doit passer son tour. La phase d’actions se termine lorsque tous les joueurs ont passé.
– Repas. Les joueurs doivent fournir du pain dont la quantité dépend du nombre de bateaux construits. À défaut, ils perdent des points de victoire.
– Décrets. Les joueurs remportent des points de victoire selon les conditions requises par l’objectif de manche venant de se terminer.
Une manche se termine par une phase administrative. Les joueurs récupèrent leurs navires. Les Œuvres, les Destinations, et les Personnages sont décalés pour accueillir un nouvel élément. Le joueur ayant passé en première position devient Premier joueur.
La partie se termine après la quatrième manche. Les joueurs ajoutent à leurs points déjà accumulés, ceux des cartes Personnages aux effets de fin de partie, pour déterminer le vainqueur.


Oui ou Non

- Une édition absolument sublime qui procure un plaisir de jeu immense
- Un thème plutôt cohérent et bien concrétisé par le va et vient des navires
- Une gestion de ressource, représentée par des cargaisons de bateaux, très tendue, surprenante et originale
- La double fonction des navires : ouvriers et ressources
- Le paradoxe entre des règles relativement accessibles et des réflexions de hautes voltige
- Un jeu dont la maitrise du timing est essentiel, notamment pour contrôler les interactions indirectes
- Une grande fluidité pour un jeu expert
- Un temps de jeu raisonnable
- Un décompte final réduit au minimum
- Des sensations élégantes, dans un jeu d’une droiture exemplaire

- Des éléments moins innovants dans le fond du propos : objectifs de manche, placement d’ouvriers, amélioration progressive de capacités…



En Résumé
Cela fait un petit bout de temps que Sylex « tease » sur AMALFI. Le voici enfin arrivé en boutique, et le moins que l’on puisse dire sans trop dévoiler la suite de l’article, c’est que l’éditeur a bien fait de le mettre autant en avant.
La première chose qui saute aux yeux, c’est le matériel. On ne va pas se mentir, un plateau de jeu double-couche, ça ne court pas les étagères. Le jeu est tout simplement sublime, de A à Z. Rien n’est laissé au hasard, et surtout pas le plaisir des yeux et du toucher. Les couleurs utilisées sont à la fois sombres et chaudes, permettant une lisibilité parfaite. L’illustration de couverture, très picturale, est sobre et sophistiquée en même temps. Les cartes sont d’une beauté inouïe. L’iconographie est impeccable. En résumé, l’édition est une tuerie, et qui plus est d’une élégance folle.
Avec une première impression pareille, il faut savoir garder le cap. Et AMALFI va le conserver au-delà de nos attentes. Le livret de règles donne d’ailleurs une certaine rigueur, une droiture que le titre possède en toutes circonstances. En effet, tout file très droit. Il n’y a pas un cheveu qui dépasse. Et croyez moi, dans un jeu expert, fichtre, que c’est agréable ! Cela signifie que les actions à réaliser sont extrêmement claires, et les chemins pour y parvenir également. En réalité, sur le papier, AMALFI n’a pas l’air compliqué. Il est complexe, la nuance est fine mais très parlante pour le résumer.
AMALFI n’a pas l’air compliqué. Il est complexe, la nuance est fine mais très parlante pour le résumer.
En effet, le jeu se veut vraiment accessible en termes de règles, mais il engendre des réflexions de haute voltige. C’est évidemment ce paradoxe qui interpelle et émerveille en même temps. Sa maîtrise requiert quelques parties. D’ailleurs, les parties sont plutôt courtes pour un jeu de ce type, ce qui permet d’assouvir son envie d’en enchaîner plusieurs pour pouvoir progresser. Le titre suscite ainsi une certaine addiction, plutôt rare en rapport à d’autres de même calibre. Souvent, après trois heures de jeu, on passe à table ou au lit sans lancer une revanche. Ici, c’est possible, et même récurrent, puisque les parties ne dépasseront pas 90 minutes, à condition évidemment de s’asseoir à côté de joueurs raisonnables.
Le thème est également très bien concrétisé, notamment dans cette gestion de ressources, représentée par les vas et vient de nos bateaux. C’est vrai qu’il ne monopolise pas nos attentions, mais quand même, à bien y réfléchir, AMALFI est drôlement bien fichu de ce point de vue là. Les bateaux servent à la fois d’ouvriers dont la pose détermine l’action entreprise, mais également de ressources à consommer. Ainsi, un bateau est envoyé en Sicile pour être chargé en vin, par exemple, et ces conteneurs redeviennent disponibles une fois déchargés. Tout est logique et véritablement original. Oui, AMALFI est un jeu de pose d’ouvriers et de gestion de ressources pas tout à fait comme les autres.
AMALFI est un jeu de pose d’ouvriers et de gestion de ressources pas tout à fait comme les autres.
Alors certes, on retrouve les objectifs de manche et de partie à réaliser, des objectifs plus personnels à entreprendre progressivement, des capacités qui s’améliorent au fil des tours de jeu, des effets instantanés, des coûts en nourriture selon le nombre de bateaux construits… Tout ça est plus commun. Mais AMALFI dégage une telle force et une telle innovation dans la façon de gérer ses ouvriers/marchandises que presque tout paraît original au final.
Vous l’aurez compris, AMALFI est une révélation, peut-être le meilleur titre expert de cette année, de mon côté. J’aime son décalage entre son apparente simplicité et la complexité de ce qu’il met en jeu. Il est bien plus stratégique que tactique, dans le sens où prévoir la suite sera primordial pour s’en sortir. Il n’est pour autant jamais pénible et fastidieux. D’ailleurs, le décompte final est presque inexistant. En plus de sa profondeur liée à un certain minimalisme, il est magnifique, ce qui rajoute une couche à notre plaisir. Quel bonheur !
Au Final
Whaouuuu ! ★★★★★
Du placement de bateaux original et thématique pour un jeu expert d’une grande élégance mécanique et esthétique !

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