Minikin City

Auteurs : Simone Luciani & Matthieu Verdier
Illustrateur : Kerri Aitken
Éditeur : Gigamic
Distributeur : Gigamic


2-5 joueurs

10 ans

30 min

20 €

Septembre 2026

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Cartes / Construction / Plis

Initié

Construisez votre vie dans des objets du quotidien !

Posséder plus de points que les adversaires.

Une partie se compose de huit manches, divisées en trois étapes. En premier lieu, les joueurs révèlent de nouvelles cartes Ville pour créer l’étalage. Ensuite, à tour de rôle et en sens horaire, les concurrents jouent une carte de leur main (et activent potentiellement leur effet instantané). Selon les cartes venant d’être jouées, un classement est alors établi. Les cartes de la couleur atout (déterminée par la couleur de la carte Récompense de la manche en cours) sont plus fortes que les cartes des autres couleurs. C’est ensuite la valeur des cartes qui établit définitivement le classement. Enfin, en suivant l’ordre du classement, les participants placent un de leurs marqueurs Récompense sur la case correspondante et récupèrent le bonus associé. Il peut s’agir de Minikins à positionner sur les cartes jouées au préalable, de jetons Bonus, de points de victoire ou de Cocardes. Puis, en suivant le sens inverse du classement, les joueurs choisissent une carte de l’étalage pour l’ajouter à leur main. Ils positionnent la carte venant d’être jouées dans leur rangée personnelle.

À la fin de la huitième manche, les joueurs procèdent au classement final. Ils révèlent leur main de cartes et additionnent les valeurs des cartes de la couleur atout pour placer, par ordre croissant, leur dernier marqueur Récompense sur la tuile Fin de partie afin de recevoir les bonus associés. Puis, le décompte final a lieu et prend en compte les points figurant en face des marqueurs Récompense des cartes correspondantes, les points des éventuels jetons Bonus, les points des cartes Ville complétées par des Minikins et les points issus de la collection des Cocardes.

  • Un « look » d’enfer avec mention spéciale pour les petites figurines Minikin
  • Un jeu de plis sans en être un pour une proposition originale
  • Bien plus réflexif qu’en apparence
  • Une tension imposée par les neufs cartes (uniquement) à jouer
  • Un jeu très propre, bien édité, très clair en termes d’iconographie
  • Une expérience très agréable entre légèreté apparente et choix tactiques
  • Un jeu passerelle que l’on a envie de faire découvrir
  • Moins intéressant à deux joueurs

Lorsque je vois Simone Luciani, indiqué comme co-auteur sur une toute petite boîte, je deviens évidemment curieuse et dangereusement hystérique. C’est l’un des auteurs qui m’a le plus marquée en tant qu’amatrice de jeux experts. Mes goûts ludiques étant progressivement en train de changer de catégorie pour aller vers des choses moins complexes, MINIKIN CITY ne peut que m’attirer grandement.

La direction artistique va également dans ce sens. Tout est très « choupinet », des pions Minikin jusqu’aux illustrations des cartes. Les couleurs utilisées sont douces, lumineuses, et les traits prennent l’aspect d’un dessin animé. On est un peu dans un monde parfait, où les Polly Pocket rencontrent les Minipouss sous un soleil tranquille d’été. D’ailleurs, le style est assez trompeur. Avec un « look » pareil, on ne s’attend pas à ce que le jeu donne autant de fil à retordre.

Dans l’esprit, il me fait beaucoup penser à FARAWAY. Visuellement, c’est beau et mignon, mais l’expérience se révèle assez costaude. Attention, les règles sont accessibles, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Une manche se déroule sur le principe d’un jeu de plis. À tour de rôle, les participants jouent une carte de leur main qui sert à la fois à déterminer les avantages qu’ils vont recevoir immédiatement, mais aussi à compléter leur tableau de cartes personnel permettant de « scorer » en fin de partie selon des conditions spécifiques. C’est là qu’interviennent les Minikins, puisque leur présence est obligatoire pour valider certains décomptes. Il faut donc se débrouiller pour en récupérer lors de la répartition des bonus immédiats.

Les joueurs construisent donc un tableau en huit manches strictes. Ils jouent seulement huit cartes pour espérer pouvoir l’emporter. Cette urgence, que l’on retrouve dans FARAWAY également, crée une forte tension et donne à chaque tour de jeu un caractère important. L’aspect ramassé de MINIKIN CITY est extrêmement plaisant et permet un temps de jeu idéal et une expérience qui n’a pas le temps de tomber dans la répétitivité.

MINIKIN CITY associe donc des sensations de jeu de plis à de la construction de tableaux, en ajoutant un zeste de collection et de la gestion de main de cartes. Oui, il y a tout ça dans cette petite boîte et chaque mécanique reste bien à sa place, sans empiéter sur une autre. Le titre dégage un sentiment de droiture et de force tant tout ce petit monde est « drivé » avec justesse. Il n’y a pas un cheveu qui dépasse. L’expérience est propre, efficace et, paradoxalement, assez rafraîchissante. En effet, même si certains jeux peuvent lui ressembler, MINIKIN CITY offre des sensations assez singulières.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’adore MINIKIN CITY. J’adore sa direction artistique, j’adore le fait qu’il s’inspire du jeu de plis sans en être vraiment un et j’adore le fait de gérer son petit bazar pour optimiser au mieux les cartes sélectionnées. Mais ce que j’aime encore plus, c’est le fait de proposer une densité et des choix tactiques intéressants aux joueurs dans des parties de trente minutes et des explications de moins de cinq minutes. Vraiment, je le redis, il est dans la même veine que FARAWAY, tout en étant plus classique sans doute. Les jeux proposant de beaux défis intellectuels tout en conservant une légèreté se font plutôt rares. Il est l’un d’eux, et se hisse haut dans le classement

Stimulant !

Du pli sans en être vraiment dans un jeu de cartes et de construction extrêmement malin et agréable !



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