Vin & Fromage

Auteur : Scott Almes
Illustrateurs : Michael Menzel & Alexander Jung
Éditeur : Gigamic
Distributeur : Gigamic


2 joueurs

12 ans

45 min

30 €

Septembre 2026

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Placement d’ouvriers / Gestion

Initié

Prenez la tête d’une ferme traditionnelle de Bourgogne et produisez les meilleurs vins et fromages !

Posséder plus de points que votre adversaire dans le domaine (Fromage ou Vin) qui en cumule le moins.

Une partie se compose de deux années, divisées en quatre saisons. Les joueurs suivent l’avancée de la partie sur le calendrier indiquant les phases à réaliser. En premier lieu, les participants positionnent leurs ouvriers sur des parcelles afin de récupérer les ressources qu’elles indiquent. Attention, la couleur d’un ouvrier choisi détermine l’ouvrier que doit jouer l’adversaire et sa position initiale détermine les parcelles, et donc les ressources, que récupère le joueur actif. La phase suivante permet aux concurrents de jouer des cartes de leur main dans leurs celliers vides (en positionnant les ressources qu’elles réclament dessus) ou de vendre leurs cartes depuis leurs celliers. La première option octroie une action d’étiquetage gratuite (ou donne droit à l’effet immédiat s’il s’agit d’une carte Action). Les actions d’étiquetage peuvent être réalisées à tout moment en payant leurs coûts en ressources spécifiques. Il s’agit d’enlever ou d’ajouter des cubes ressources sur les cartes (symbolisant l’accélération ou le ralentissement du vieillissement des vins et fromages), de récupérer de nouvelles cartes depuis la rivière ou les pioches, ou de faire avancer les marqueurs Vin et Fromage sur la piste du plateau principal. La deuxième option, celle de vente, permet de retirer les cartes présentes dans les celliers pour les positionner dans les espaces Pièces d’or ou Pièces d’argent, selon si les cartes étaient vides ou contenaient encore des ressources au moment des ventes. Les cartes Gourmet (reconstituant un plat) permettent d’obtenir des avancées de pistes si elles sont vendues ensemble (Vin et Fromage) entièrement vidées de leurs ressources. La troisième phase oblige les joueurs à stocker leurs ressources restantes selon les capacités indiquées sur le plateau de jeu et détermine un nouveau premier joueur selon le nombre de ressources conservées. Enfin, la quatrième phase fait vieillir les cartes Fromage et Vin détenues par les joueurs (retrait de ressources) et active les cartes Actions des celliers des joueurs. Les phases se succèdent ainsi en suivant le calendrier jusqu’à ce que ce dernier atteigne la dernière case.

La partie se termine dès que le pion Phase atteint la case finale. Les joueurs comptent leurs points gagnés en Fromage et en Vin séparément. Pour cela, ils prennent en compte la position des curseurs respectifs sur la piste, les cartes positionnées dans les espaces Pièces d’argent et Pièces d’or (en prenant en compte le bon chiffre selon la position de la carte), et les cartes Gourmet vendues. Le joueur possédant le plus grand nombre de points dans le domaine où il en possède le moins remporte la partie.

  • Le système de placement d’ouvriers très convainquant
  • Les bancs devenant les chapeaux des ouvriers permettant de bien savoir où les joueurs en sont
  • Une gestion de ressources exigeante
  • Le « scoring » malin prenant en compte le moins bon résultat des deux décomptes
  • Un jeu vraiment pas attirant visuellement
  • Une lisibilité qui laisse à désirer
  • Des sensations pas à la hauteur d’une mécanique de placement d’ouvriers prometteuse
  • Un manque d’intérêt global
  • Des sensations froides pour un duel qui n’en n’est pas vraiment un

Je fais partie de celles qui aiment beaucoup D’ORGE ET DE BLÉ. Lorsque j’ai vu VIN & FROMAGE pointer le bout de son nez, se revendiquant comme la suite naturelle du premier jeu de la gamme, j’ai tout de suite ressenti le besoin de me pencher dessus rapidement.

Alors, je ne me suis pas penchée trop près quand même ! Le risque était grand de succomber à une crise cardiaque devant autant de laideur. Qu’est-ce que c’est moche, les amis ! Et ce n’est pas dû uniquement aux couleurs allemandes « marronnasses ». Franchement, pour vendre une boîte pareille en boutique, il doit falloir s’accrocher aux branches. Tout est affreux, de l’illustration de la boîte jusqu’au plateau de jeu, en passant par les pions ressources blanc « hôpital ». Remarque, c’est peut-être pour pallier l’éventuel malaise cardiaque !

Mais ce n’est pas tout d’être hideux, le jeu est aussi assez peu lisible. Les actions d’étiquetage ne sont, par exemple, pas mises en évidence. Ces éléments auraient mérité d’être davantage prononcés sur le plateau quand, après coup, on comprend leur grande importance. De la même façon, alors que le jeu entier demande aux joueurs d’équilibrer les points gagnés en Fromage et en Vin, les cartes de ces deux types se confondent très facilement.

Ce manque de clarté est vraiment dommageable car, mécaniquement, VIN & FROMAGE tient la route, notamment avec son système de placement d’ouvriers communs. Si je dois lui trouver un point fort, c’est bien celui-là. C’est vrai que cette pose d’ouvriers, obligeant l’adversaire à jouer un pion spécifique et permettant de récupérer des ressources en respectant un alignement de cases strict, est extrêmement bien sentie et plutôt originale.

Pour le reste, qu’est-ce qu’on s’ennuie ! Si la gestion de ressources se révèle pourtant exigeante, le jeu peine à produire l’effet escompté de sa mécanique prometteuse. Les phases s’enchaînent sans engouement et avec quelques temps morts, le temps que l’adversaire fasse sa petite popote d’actions complémentaires dans son coin. Le duel n’en est pas vraiment un, tant les sensations sont froides. Les interactions se concentrent sur la fameuse phase de placement d’ouvriers. Sinon, c’est chacun chez soi pour poser ses petites cartes, les alimenter, les vider de ressources et finalement les vendre.

J’avoue ne pas trop comprendre l’engouement général autour de ce jeu. Oui, et je le redis, le système de pose d’ouvriers est chouette, mais c’est tout. Le temps est long et le « scoring » final, pourtant ingénieux, fait dire aux joueurs : « Tout ça pour ça ! ». Effectivement, tout est alambiqué et compliqué pour pas grand-chose. Là où D’ORGE ET DE BLÉ propose quelque chose d’assez épuré et malin, ici certaines couches inutiles pourrissent l’expérience, à l’image de ces plats Gourmet à reconstituer sur deux cartes et dont on peine à récupérer la moitié manquante.

Je m’attendais à tellement plus percutant que la déception est très grande. VIN & FROMAGE n’est pas un mauvais jeu, mais il est bien trop long pour ce qu’il propose et manque clairement de fluidité. Je lui préfère, de loin, son grand frère, plus direct, plus accessible et plus efficace.

Ennuyeux !

Du placement d’ouvriers convainquant et de la gestion de ressources exigeante pour des sensations très décevantes !



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