Moon Colony Bloodbath

Auteur : Donald X. Vaccarino
Illustrateur : Franz Vohwinkel
Éditeur : Rio Grande
Distributeur : Asmodee


1-5 joueurs

14 ans

45 min

40 €

Mai 2026

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Cartes / Construction et destruction de moteur

Initié

Établissez votre ville sur la Lune !

Posséder le plus dhabitants en fin de partie.

Une partie est une succession de cycles, découpés en plusieurs tours. Lors de chaque tour, les joueurs révèlent la première carte de la pioche Progression et appliquent son effet. Les cartes Travail, principales composantes de la pioche en début de partie, permettent aux joueurs d’effectuer une action parmi les cinq possibles du jeu. Ils peuvent Récolter pour récupérer de la nourriture, Construire pour placer une carte Bâtiment de leur main devant eux et la rendre active (en payant son coût), Stocker pour positionner des caisses sur des cartes jouées (utiles pour l’activation de certains effets), Rechercher pour piocher des cartes Bâtiment supplémentaires ou Exploiter pour gagner des crédits. De nouvelles cartes de différents types vont intégrer progressivement la pioche Progression, comme les Robots, les Développements, les Twists ou encore les Événements ou les Mauvaises nouvelles. Il s’agit tout simplement d’appliquer leurs effets. Parfois, il est demandé aux joueurs de perdre des habitants ou de les nourrir. Dans ce cas, ils doivent défausser une nourriture pour chaque carte Bâtiment jouée, sous peine encore une fois de perdre des habitants. Les concurrents n’auront sans doute pas d’autre choix que de détruire des bâtiments construits pour regagner les habitants inscrits sur ces cartes. La fin d’un cycle intervient lorsque la pioche est vide. Celle-ci est alors remélangée pour entamer un nouveau cycle.

La partie se termine dès qu’un joueur ne compte plus aucun habitant ou si l’événement Manuel de survie entre en jeu. Le concurrent possédant le plus grand nombre d’habitants remporte la partie.

  • Un « look » singulier
  • Une proposition rare pour joueurs initiés flirtant avec un « party-game »
  • Une expérience amusante, plutôt déjantée, qui oblige à ne pas se prendre au sérieux
  • Des règles qui s’expliquent en quelques minutes, pour une belle profondeur de jeu
  • La mécanique qui « assomme » de coups les joueurs
  • L’objectif de survie, et le décompte de points sommaire
  • Un livret de règles et des cartes remplis d’humour
  • Des durées de parties très aléatoires
  • Une direction artistique à l’aspect volontairement « vieillotte » peu attirante
  • Des doutes sur la rejouabilité long terme sans extension…
  • Des moments de passivité pouvant être très clivants
  • Des joueurs un peu dans leur coin

Une chose est certaine, ce n’est pas l’illustration de couverture qui donne immédiatement envie de jouer à MOON COLONY BLOODBATH. Je la trouve d’une laideur sans précédent. Par contre, le jeu bénéficie d’un emballement médiatique assez rare depuis l’année dernière. Aussi, il vient tout juste d’être nommé au Kennerspiel des Jahres, ce qui constitue un bon argument pour enfin le découvrir.

Je reviens un instant sur le « look » très rétro du jeu. Il se révèle assez clivant. En effet, certains joueurs le trouvent amusant et décalé, créant ainsi une certaine différence avec de nombreuses sorties actuelles et suscitant un effet de surprise et une belle curiosité. D’autres ne verront que le côté vieillot et les drôles de têtes des personnages de l’illustration de couverture, et passeront rapidement leur chemin. Je fais partie de cette deuxième catégorie, plutôt repoussée par les choix artistiques effectués. Cela étant dit, on ne peut que saluer la prise de risque et l’excentricité assumée.

Le matériel me fait exactement le même effet. Les cartes, bien que remplies d’humour et de second degré, ne parviennent pas à attirer mon attention. Les plateaux personnels des joueurs ne marqueront pas l’histoire. D’ailleurs, ils s’avèrent assez inutiles, les joueurs oubliant régulièrement de positionner leurs marqueurs Action.

On retrouve une certaine forme d’humour dans le livret de règles. Si la forme surprend, le fond n’est toujours pas à mon goût, mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que le livret est étonnamment très succinct pour une boîte de cette taille. Je m’attendais à un jeu complexe et blindé de détails et d’exceptions. Au contraire, le titre se révèle extrêmement accessible et s’explique en quelques minutes. Dans les faits, les joueurs révèlent des cartes, les unes après les autres, d’une pile principale, et se laissent guider. Les cartes sont de différentes natures. La carte Travail offre la possibilité de réaliser l’une des cinq actions possibles, elles aussi extrêmement basiques. En ce sens, MOON COLONY BLOODBATH se prend en main très facilement et immédiatement.

La seule chose qui peut freiner les joueurs, c’est le fait d’être assez passif devant les effets des cartes qu’ils se doivent de réaliser. Cette sensation se révèle assez étrange, d’autant plus lorsque le jeu vous en met plein la tête. Oui, MOON COLONY BLOODBATH n’existe que pour vous anéantir et contrer votre stratégie. En effet, le but est d’être le dernier survivant autour de la table ou celui avec la plus grande population possible lorsqu’un adversaire se fait éliminer de manière précipitée. Le jeu est sans pitié et met les joueurs dans tous leurs états. C’est ça qui est bon !

Oui, le titre provoque des émotions fortes et une lutte acharnée, et cela juste pour rester dans la partie. C’est en cela que MOON COLONY BLOODBATH flirte avec le jeu d’ambiance. Entre son humour, son côté franc du collier et son accessibilité, il propose une nouvelle catégorie : le « party-Game » expert…

Ou tout du moins initié… Effectivement, même si les joueurs sont occupés à se faire rouler dessus avec le sourire, ils doivent aussi (et surtout) jouer des cartes de leur main et se construire un « moteur de résistance ». Les choix reposent donc essentiellement sur les cartes à construire et à sacrifier au bon moment pour repeupler sa colonie et se donner un sursis. D’un coup, le jeu devient plus tactique qu’il n’en a l’air et sa profondeur se dévoile progressivement, malgré un chaos indiscutable. Les effets des cartes sont, par exemple, loin d’être tous équivalents en termes de puissance…

MOON COLONY BLOODBATH est un jeu surprenant qui ne répond presque à aucun code actuel. Cela lui donne un charisme et un charme indéniables. L’expérience déstabilise, et c’est cet inconfort que j’apprécie particulièrement dans ce titre atypique. Voilà un jeu qui cogne, qui fait enrager, mais qui fait aussi réfléchir, avec une urgence rare. Il oblige à agir avec un sens du rythme précis si l’on veut avoir une chance de s’en sortir et de se laisser porter avec une certaine passivité, qu’il faut pourtant pouvoir contrôler. J’émets tout de même quelques doutes sur mon envie de rejouer encore et encore, ayant maintenant connaissance des événements pouvant survenir et de leur ordre d’apparition. Cela étant dit, pour le moment, aucune de mes parties ne se sont pas ressemblées, autant sur le temps de jeu que sur les actions des joueurs. La boîte est de toute façon assez grande pour accueillir des extensions… MOON COLONH BLOODBATH, je dis oui, pour son inventivité, son excentricité et son immersion plutôt convaincante.

Singulier !

De la construction de moteur dans laquelle les joueurs se laissent guider et s’en « prennent plein la tronche » !



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