Cozy Stickerville

Auteur : Corey Konieczka
Illustrateurs : David Ardila & Paula González
Éditeur : Unexpected Games
Distributeur : Asmodee


1-6 joueurs

8 ans

30 min

38 €

Février 2026

Exemplaire Personnel

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Coopératif / Construction

Familial

Créez le plus beau et paisible village possible !

Trouver le bonheur et franchir des jalons important.

Une campagne comprend 10 parties, représentant chacune une année. Une année est une succession de tours de jeu, scindés en deux étapes. Le matin, les joueurs révèlent une carte Évènement et lisent le texte à haute voix. Il leur est souvent demander de conserver cette carte pour l’activer plus tard, ou de choisir entre deux options possibles. L’après-midi, les joueurs accomplissent une action de leur choix. Les actions se trouvent soit sur les autocollants positionnés sur le plateau de jeu, soit sur les cartes que les joueurs disposent. Il est ainsi possible de lire une entrée spécifique du livre d’Histoire, de piocher une carte spécifique du paquet Catalogue, ou d’effectuer une capacité de cartes. La fin de partie intervient lorsque le paquet Évènement de l’année en cours ne contient plus de cartes. Les joueurs réalisent alors les effets Fin de l’année de leurs cartes en jeu et continue leur aventure ou sauvegarde leur progression.

La campagne se termine à la fin de la 10ème année. Les joueurs prennent alors connaissance de l’une des cinq fins possibles, selon les choix qu’ils ont réalisés au cours de leur aventure.

  • Une direction artistique mignonne, qui annonce sincèrement la couleur
  • Le « gameplay » original tourné vers le placement d’autocollants
  • Une expérience immersive avec des personnages attachants
  • Un zeste de gestion de ressources
  • Des discussions autour de décisions à prendre sans enjeu de victoire ou de défaite
  • Des moments de partage doux et très agréables
  • Le plaisir de se laisser porter par l’histoire
  • L’orientation politique des décisions prises par les joueurs sans que le jeu soit politique
  • Le bonheur de voir son village se développer physiquement
  • Des sensations quelque peu répétitives
  • Des doutes sur le plaisir ressenti lors de la deuxième campagne possible
  • Un jeu plus sérieux qu’il n’y paraît

Le bouche à oreille a eu raison de moi. Pourtant, je n’étais pas très décidée à jouer à COZY STICKERVILLE tant mon expérience de placement d’autocollants dans STICKERS m’avait laissée plus que perplexe. Mais je suis faible, et les retours dithyrambiques m’ont poussée à me procurer le jeu juste avant qu’il tombe précipitamment en rupture de stocks.

Visuellement, c’est mignon tout plein. Je ne me serais pas retournée naturellement sur la boîte si le jeu ne bénéficiait pas d’une « hype » du tonnerre, mais l’illustration de couverture fait le « job ». Elle est, en tout cas, assez parlante et ne trompe pas son monde sur ce que propose le titre, à savoir des moments de partage doux et tranquilles.

Oui, COZY STICKERVILLE est une expérience un peu décalée. Il s’agit d’un jeu coopératif (ou solo) sans victoire ni défaite. Les participants tentent de construire un village de façon la plus harmonieuse possible et suivent les chemins proposés par la narration en conséquences des choix qu’ils prennent. Il n’y a pas de bons ou de mauvais choix, il y a des décisions qui orientent le tracé de la campagne, partie après partie.

Une campagne comporte 10 parties et il est possible de réitérer l’expérience une fois. Question rejouabilité, le bilan est un peu maigre pour 40 euros, surtout que j’ai de gros doutes sur le plaisir pouvant être pris lors de la deuxième campagne lorsque les joueurs connaissent et se souviennent de certaines cartes événements. Certes, il est possible de prendre une direction globale opposée pour trouver du « fun » mais, de mon côté, je n’ai pas spécialement envie d’y revenir autrement.

Non pas que je n’ai pas aimé. Au contraire, j’ai passé de bons moments à développer mon village, à découvrir l’histoire et à gérer mes ressources. Mais le « gameplay » est si basique que les 10 parties me suffisent. J’ai peur de tomber encore plus dans la répétitivité, déjà que le titre n’est pas exempt de ce défaut. Je préfère rester sur une très bonne première impression que de glisser lentement vers l’ennui et la déception.

Car véritablement, la première campagne se révèle être une bombe ludique. Pas une bombe où les joueurs se disent à chaque instant que le jeu est révolutionnaire, non ! Une bombe composée de plein de petites et bonnes idées qui, associées entre elles, s’avèrent extrêmement enthousiasmantes et charmantes. De plus, le titre est vecteur d’une immersion plutôt convaincante. Les joueurs s’attachent à leur village et à ses habitants, qu’ils connaissent quasiment sur le bout des doigts. Le thème s’avère par conséquent très bien concrétisé. Les joueurs se prennent au jeu sans avoir soupçonné une telle implication lors de la lecture de règles ou de l’ouverture de la boîte.

Évidemment, le plaisir principal provient du développement progressif de son village et de l’évolution de son plateau principal. On ne peut pas, non plus, passer sous silence la joie insoupçonnée de positionner la tonne de stickers le plus harmonieusement possible alors que les lieux de poses d’autocollants n’ont absolument aucune conséquence sur l’expérience. COZY STICKERVILLE crée un bonheur ludique quelque peu régressif.

Aussi, le titre crée des discussions autour de choix à réaliser. Les options sont toujours simples, mais obligent à parlementer. Sur ce point, j’ai deux remarques. La première, c’est que le jeu n’est pas très amusant… On ne se marre pas à jouer à COZY STICKERVILLE. L’expérience est plutôt sérieuse, voire scolaire alors même que l’ambiance est extrêmement sereine et tranquille. La deuxième, c’est que les joueurs se mettent d’accord sur des décisions à prendre en accordant une importance folle à des éléments alors même qu’il n’y aura ni vainqueur, ni perdant, ni bonnes ou mauvaises décisions. C’est quand même un sacré signe que le jeu embarque avec lui les joueurs, et ce, sans un but précis à atteindre. Ça, c’est très fort !

COZY STICKERVILLE est surprenant. Il crée des moments doux et conviviaux autour de discussions sans réel objectif. Les joueurs se laissent porter par les événements et entreprennent les actions qu’ils jugent utiles, uniquement pour le plaisir de l’instant présent. Pour cette raison, COZY STICKERVILLE mérite les honneurs. Sans s’en rendre compte, les joueurs font de la politique et tracent leur ligne idéologique à travers les chemins qu’ils empruntent pour leur village et le destin de personnages fictifs attachants. Voilà une très chouette expérience, qui sort des sentiers battus même si je n’en ferai pas quarante parties.

Tranquille !

Une construction de village très apaisante, aux décisions à la fois importantes et sans conséquence !



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