Borealis – Expéditions Arctiques

Auteur : Dariusz Mindur
Illustrateurs : Rodrigo Camilo Alves De Almeida & Ines Toczyska & Kevin Sidharta & Ariadna Żytniewska
Éditeur : Lucky Duck Games
Distributeur : Neoludis


2-4 joueurs

10 ans

45 min

28 €

Mars 2026

Exemplaire Presse

Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété

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Collection / Cartes

Familial

Incarnez les membres d’une expédition, partis découvrir les terres boréales inexplorées et photographier les animaux sauvages !

Posséder plus de points de victoire que les adversaires.

Une partie est une succession de manches, durant lesquelles les joueurs, en sens horaire, réalisent une action parmi deux possibles. La première, dite d’Observation, permet de jouer une carte Animal de sa main dans l’un de ses trois sites d’exploration personnels. Pour cela, le site doit accueillir les scientifiques réclamés par la carte choisie, qui sont ensuite déplacés sur les lieux adjacents comme l’indiquent les flèches figurant sur la carte (campement ou site d’exploration). Si la prochaine case à atteindre sur piste d’exploration du site choisi affiche l’icône Véhicule de la carte jouée, le joueur actif déplace alors son drapeau sur cette case. Enfin, le joueur actif complète sa main de quatre cartes Animal, depuis la rivière ou la pioche. La deuxième option consiste à faire un Regroupement. Le joueur actif défausse tout ou partie de ses cartes pour en piocher de nouvelles, gagne un point pour chaque scientifique situé dans un campement, les récupère et les repositionne sur un même site de son choix.
À tout moment, un joueur réunissant les conditions réclamées par une carte Objectif s’empare des cinq points associés. Les autres joueurs peuvent récupérer également ce bonus s’il réalise l’objectif au cours de la même manche.

La partie se termine à la fin d’une manche pendant laquelle un joueur possède sept cartes sur un de ses sites d’observation. Les joueurs ajoutent à leurs points déjà cumulés en cours de partie, ceux octroyés pour chaque groupe d’une même espèce dans chaque site, ceux affichés sur leurs cartes Animal et sur les cases atteintes par leurs drapeaux sur chaque piste d’exploration, et ceux gagnés en réalisant les conditions des deux cartes Score, mises en place en début de partie.

  • Un thème rare et, par conséquent, attirant
  • Des règles accessibles pour un jeu qui ne manque pas de profondeur
  • Une notion de « timing » à gérer dans la réalisation des deux actions possibles
  • L’anticipation obligatoire de plusieurs coups en amont
  • Les multiples informations à prendre en compte sur les cartes afin d’optimiser le plus possible chaque pose
  • L’association fructueuse entre « draft » de cartes, collection et course aux objectifs
  • Une grande fluidité
  • Un rapport temps de jeu / axe réflexif très satisfaisant
  • Des sensations frisquettes
  • Un nombre trop limité d’objectifs à court et long termes
  • Très peu immersif thématiquement

Très peu de jeux prennent pour décor le grand nord. Étrange ! Cela voudrait-il dire que le commun des mortels préfère les cocotiers aux icebergs ? Je suis de ces gens-là, mais quand on me parle ours polaire et macareux moines, je m’arrête tout de même sur la proposition audacieuse.

Oui, c’est bien la thématique qui m’a emballée en premier lieu. BOREALIS propose aux joueurs d’endosser le rôle d’une équipe scientifique en Arctique, partie photographier la faune locale. Ça, c’est sur le papier. Mais dans les faits, hormis les photos des bestioles (et leur description dans le livret de règles) et les moyens de déplacement utilisés, rien n’est immersif. Les concurrents vont surtout scruter les icônes que présentent les cartes pour tenter de répondre aux objectifs fixes ou variables selon les parties dans leurs trois collections parallèles.

En effet, la principale action permet de jouer une carte sur l’un de ses trois sites personnels. Cette carte réclame la présence de scientifiques sur ce site, dans l’obligation de se rendre, de suite après, sur deux sites adjacents imposés. Les cartes accueillent également un type d’animal, un type de moyen de transport et parfois un point de victoire. Attention, si le moyen de transport apparent correspond à l’une des deux demandes du site choisi, des points de victoire sont à la clé. Les trois informations principales qu’affiche chaque carte sont donc à prendre en compte de manière attentive dans ce jeu de collection plutôt malin.

BOREALIS est effectivement bien plus malin qu’il n’y paraît. Les scientifiques, dans l’obligation de bouger d’un site à un autre, obligent les participants à envisager plusieurs coups en amont pour que tout se goupille au mieux, entre lieu de l’action, ouvriers disponibles, animal choisi et moyen de transport utilisé. Le jeu n’est pas loin de proposer de la programmation. En tous les cas, si les joueurs souhaitent optimiser chaque tour de jeu, il y a de quoi se creuser la tête, et ce, en trente minutes de partie.

Voilà donc un titre accessible, aux règles on ne peut plus claires, aux parties rapides, avec une grande fluidité, qui propose une belle profondeur de réflexion. Pour autant, le jeu reste familial et il paraît tout à fait possible de jouer avec plus de légèreté et sans tendre vers l’opportunisme excessif.

L’autre action, permettant de changer tout ou partie de sa main de cartes et de récupérer des scientifiques (contre des points) coincés dans les laboratoires situés sur les bordures du plateau, infuse une petite question de « timing ». Quand faut-il réaliser cette option pour perdre le moins de terrain possible ? Il ne faut pas, en effet, négliger la course aux objectifs. D’ailleurs, la petite subtilité provient de l’obligation de réaliser un objectif dans le même tour de jeu que le premier joueur l’ayant accompli pour récupérer les points de victoire associés.

BOREALIS me donne une très bonne impression. Je reste un peu perplexe sur le nombre restreint d’objectifs qui rend, sans doute, la rejouabilité un peu fragile. Autre point, les sensations sont comme le thème : polaire. Les joueurs sont chacun dans leur coin à faire leur petit bazar. Certes, la course aux objectifs et la rivière de cartes apportent quelques interactions, mais dans l’ensemble, on se caille un peu ! Ceci étant dit, j’aime bien ce jeu, sans prétention, plutôt original dans sa forme et assez brut de décoffrage.

Agréable !

De la collection de cartes et une course aux objectifs dans un jeu familial très sympathique réclamant beaucoup d’anticipation !



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