Un Œil sur YUAN – L’Art de la Guerre

Carte d’Identité

2-4 joueurs

12 ans

60 min

Programmation / Affrontement / Majorité

Amateur

2023

56 €

Auteur : Charlie Sigogneau
Illustrateur : Adrien Rives
Éditeur : Oka Luda
Distributeur : Gigamic


Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Variété

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Exemplaire Presse

Une description rapide

Apprenez l’Art de la Guerre pour faire de votre clan la plus grande dynastie asiatique du XIIIe siècle !

Une partie se compose de plusieurs tours de jeu, composés de quatre phases :
– Mise à jour de la Roue du Temps. Dès le deuxième tour, la Roue est tournée d’un cran pour déterminer le nombre de Temples à contrôler pour remporter la partie.
– Planification. Simultanément, chaque joueur planifie derrière son paravent les actions qu’il effectuera lors de la phase suivante. Il existe deux possibilités :
° Écrire le nom de la Province ciblée par ses actions futures et placer un cube dans les cases déterminant le type (Développement, Fortification, Militarisation) et le niveau des actions (1,2 ou 3 coûtant 0, 4, 7 chāos au début de la phase de résolution) qu’il souhaite entreprendre. Plus le niveau d’une action est élevé, plus elle est puissante. Le contrôle des Provinces réduit le coût des actions. Il est possible de faire entre une et trois actions.
° Passer son tour et ne rien indiquer sur son plateau personnel.
– Résolution. Simultanément, les joueurs retirent leur paravent et réalisent les actions planifiées dans l’ordre suivant :
+ Développement. Il peut s’agir d’une colonisation si la Province Cible est libre ou d’une Expansion si elle appartient au joueur actif. En résumé, l’action permet d’étendre son territoire à partir d’une Province possédée.
+ Fortification. Il peut s’agir d’une Urbanisation si la cible est un village ou d’un renforcement si la cible est une ville. En résumé, l’action permet d’accroître sa défense en transformant villages en villes, villes en villes fortifiées ou indestructibles, en ajoutant une ville supplémentaire ainsi qu’une Armée.
+ Militarisation – Création d’Armées. Il s’agit d’ajouter des Armées à la ville ciblée.
+ Militarisation – Attaque. Il s’agit d’envahir une Province ennemie cible en ajoutant éventuellement une armée à cette attaque, qui peut aussi se poursuivre sur les Provinces ennemies adjacentes. Toutes les armées adjacentes (ou connectées) à la Province ciblée participent obligatoirement. Une Armée à une force d’une unité, et une fortification, une force de deux. Il faut posséder une Armée de force supérieure au défenseur pour remporter le combat. Suite à cela, le défenseur perd sa Province qui voit l’assaillant installer ses villages à la place des siens si ces derniers ne sont plus liés à une ville. Aussi, si l’attaque est réussie, et si le groupement de Province nouvellement acquis ne contient pas une ville, le vainqueur en place une des siennes.
+ Fortification – Consécutive à l’attaque. Consécutivement à une attaque, un joueur peut réaliser selon sa programmation une action de fortification.
+ Revenu. Les joueurs récupèrent les éventuels gains de leurs actions ou ceux permis par le fait d’avoir passé son tour.
+ Mise à niveau des Armées, des Temples et des Provinces. Chaque joueur ajuste son plateau individuel selon les territoires qu’il contrôle.
– Contrôle de victoire. Les joueurs vérifient si l’un d’entre eux contrôle le nombre de Temples indiquées sur la Roue du Temps.

La partie se termine dès qu’un joueur possède un nombre de Temples égal ou supérieur aux indications de la Roue du Temps. Il remporte la partie.

Oui ou Non

  • Une édition impeccable, jolie, de qualité, sans place perdue, magistralement illustrée…
  • Une mise en place sans connaissance de la couleur de son clan par souci d’équité
  • Un jeu d’affrontements et de conquêtes de territoires dans un temps de jeu limité
  • Un jeu de programmation très subtil et sans aucun hasard
  • Une mécanique en simultané pour un jeu riche et dense alors même que les règles restent accessibles
  • L’ingéniosité de la condition de victoire et de fin de partie
  • La possibilité de jouer selon différents scénarios (libre ou imposé, avec ou sans enchères, avec ou sans les pouvoirs de Clans)
  • La possibilité d’association avec la boîte Mongolie pour jouer jusqu’à huit joueurs
  • Des points de règles pas si évidents, notamment sur l’ordre des actions à effectuer (Fortification)

En Résumé

YUAN est un jeu découvert lors du Festival de Vichy, dont je n’avais jamais entendu parlé auparavant. Avec le recul, il est sans aucun doute le titre qui m’a le plus surpris du salon. J’avoue avoir été avant tout attirée par l’ergonomie de la boîte, son illustration, la beauté du matériel sur table. Une fois assise, je suis presque tombée de ma chaise devant ses qualités ludiques. Mais comment est-ce possible qu’il se fasse si discret depuis sa sortie ?

On peut effectivement s’attarder sur son édition absolument impeccable. Avec ses tuiles double-couche aux formes originales, ses plateaux joueurs très épais, ses crayons gras écologiques effaçables, et sa boîte sans place perdue, YUAN fait un sans-faute. Les deux boîtes proposées, MONGOLIE et CHINE, peuvent se combiner pour des parties jusqu’à huit joueurs et présentent des spécificités appréciables lorsque les participants maîtrisent le sujet. En effet, des éléments peuvent être ajoutés pour varier et complexifier l’expérience. Rien n’est laissé au hasard, pas même la mise en place, pensée dans un souci d’équité. Ainsi, les protagonistes se fieront au hasard pour incarner une couleur après avoir discuté des positions initiales des tuiles et des villages de départ. Le livret de règles est très clair, illustré d’exemples concrets, et explicite sur les notions et les termes importants pour comprendre plus sereinement la mécanique. Non, vraiment, sur la forme, c’est un très gros « Big-Up ».

Alors, on se dit qu’il doit y avoir un gros souci de « gameplay » si personne ne parle de ce jeu, alors que la première impression est aussi majestueuse. Et bien, non… Oh si, en cherchant bien, je peux mettre quelques bémols sur une iconographie pas toujours très inspirée ou sur la difficulté de préhension des minuscules villages et autres éléments de jeu. Mais ce serait presque de la malhonnêteté tant YUAN est chic, gracieux et inspirant.

YUAN est chic, gracieux et inspirant.

Oui, c’est vrai que la première partie nous chamboule un peu. On passe la plupart de notre temps avec le nez bien penché vers les explications de l’arrière de notre paravent. Rien de très complexe, ni de bien méchant, mais il faut bien saisir les six possibilités d’action, leur déroulé, et leur trois niveaux de puissance. Une fois ceci maîtrisé, on trouve l’autoroute du bonheur ludique.

Oui, l’autoroute ! Les parties durent soixante minutes, « top chronos » ! Le jeu se déroule en simultané, pratiquement sans nous permettre une respiration prolongée. D’ailleurs, l’apnée est une belle métaphore, tant la tension est forte et les options tactiques se révèlent décisives et sur le fil. L’objectif est pourtant simple puisque les concurrents vont devoir contrôler un certain nombre de Temples selon le tour de jeu en cours. Ça aussi, quelle belle idée ! Oh joie, il n’y a pas de points de victoire, ni de salades en tout genre. C’est juste parfait. L’autre excellent concept consiste à assigner nos actions programmées à une seule tuile, désignant un seul lieu. Oui, YUAN est un jeu de programmation, mais aussi de « guessing » pour tenter de déjouer les offensives adverses en tentant de lire leurs volontés.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce jeu de conquête de territoires est d’une grande subtilité. Chaque coup compte énormément. Et si les coups sont plutôt limités sur le papier, les possibilités, elles, se multiplient tour après tour. Faut-il attaquer le plus vite possible ou bien être plus prudents ? C’est bien tout l’Art de la Guerre que YUAN nous enseigne dans une immersion thématique bluffante.

C’est bien tout l’Art de la Guerre que YUAN nous enseigne dans une immersion thématique bluffante.

Cette course aux Temples est redoutable de talent. Tout est simple et complexe à la fois. Pour cette raison, le jeu s’adresse tout de même à un public plutôt averti bien que les règles, qui s’expliquent thématiquement avec panache, soient en réalité accessibles. Les interactions sont sournoises et frontales à la fois, bien que les guerres soient presque pacifistes. Ne cherchez pas de roulettes cachées ou de lancers de dés délivrant le résultat d’un combat, il n’y en a pas. Aucun hasard, tout est sous vos yeux, ce qui rend les victoires aussi brillantes que les défaites sont frustrantes. YUAN est un énorme coup de cœur. Il permet des coups tactiques absolument irrésistibles à condition d’une lecture du jeu et de vos adversaires sans faille. Il est très psychologique sans être prise de tête. C’est un bijou, « made in Mongolia or China. »

Au Final

Passionnant ! ★★★★✯

De la conquête de territoires en simultanée, technique et accessible à la fois, thématique et bien ficelée !


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