
Carte d’Identité

2-4 joueurs

10 ans

60 min

Asymétrie / Cartes / Occupation de territoires

Familial

Octobre 2023

42 €

Auteur : Charlec Couronnaud
Illustrateurs : Jérémie Fleury
Éditeur : Débâcle Jeux
Distributeur : Ludistri
Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Variété
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Exemplaire Presse
Une description rapide
Parviendrez vous à survivre dans l’environnement incertain de l’île de Kauri ?
Les joueurs incarnent des personnages différents, ayant leur propre paquet de cartes, leur propre façon d’évoluer et surtout leur propre façon de gagner des points.
° Le Kiwi, présent dans toutes les régions en début de partie, doit défendre les assauts adverses pour survivre à l’abri des arbres dont il doit freiner la disparition.
° Le Possum, en tout petit nombre en début de partie, doit se reproduire et se disperser pour éviter les catastrophes et les attaques anglaises.
° L’Anglais doit parvenir à se déplacer plus rapidement pour déboiser dans un premier temps, avant de chasser les Possums.
° La Maorie doit chasser pour mieux installer ses temples, établir une relation de confiance avec l’Anglais pour mieux chasser le Kiwi et le Possum.
Une partie se compose de cinq périodes, composées de quatre tours, découpés en cinq phases :
– Pioche. Les joueurs piochent deux cartes pour en avoir trois en main.
– Choix. Les joueurs choisissent un couple de cartes. La première, positionnée sur la seconde, indique l’ordre d’initiative. La seconde carte déterminera les actions qu’ils vont pouvoir entreprendre à la phase suivante.
– Révélation et Actions. Les joueurs révèlent leurs cartes jouées. En suivant l’ordre d’initiative (ordre croissant), ils réalisent les effets de la seconde carte positionnée devant eux.
– Défausse. Les joueurs défaussent les cartes jouées.
Une période se termine lorsque les pioches des joueurs sont épuisées. Leur défausse est alors mélangée pour former une nouvelle pioche. Les Kiwis non abrités par un arbre sont retirés du plateau. Les éventuels jetons Évènement (Inondation ou Épidémie) sont également enlevées. Le compteur de Conscience avance de deux cases (il détermine la possibilité d’effectuer certaines actions) alors que le compteur de Périodes progresse d’un cran.
La partie se termine à la fin de la cinquième période. Le joueur avec le plus de points remporte la partie :
– Le joueur Kiwi marque un point par Kiwi présent sur le plateau.
– Le joueur Possum marque un point par Possum présent sur le plateau.
– Le joueur Anglais marque un point par arbre et un point par Possum présents sur son plateau personnel.
– Le joueur Maori marque deux points par Temple construit, un point par Kiwi et un point par Possum présents sur son plateau personnel.


Oui ou Non

- Une belle présence sur table
- Un thème exotique plaisant
- Un jeu asymétrique aux règles simples, qui s’apprennent en jouant
- Des livrets personnels bien conçus et facilitant la prise en main et l’expérience
- Des interactions fortes et directes
- Du placement abstrait parfaitement concrétisé

- Une illustration de couverture très chargée, qui dessert le jeu
- Des sensations répétitives et pas à la hauteur de la très bonne idée de départ
- Des actions et effets de cartes assez peu captivants
- Un manque d’enjeu global


En Résumé
KAURI nous parachute directement en Nouvelle Zélande. Qui n’a jamais rêvé de découvrir ce bout du monde paradisiaque ? Si le jeu ne peut remplacer aucun voyage physique, il permet de rêver et de faire un trajet imaginaire vers toutes ces contrées exotiques éloignées. Il y a pire comme passion…
Aussi fantastique soit-elle, cette île somptueuse du Pacifique occupe rarement les premiers rôles thématiques du monde ludique. Quelle joie, donc, de découvrir que KAURI rectifie cet oubli et de belle manière, qui plus est. Si je dois avouer ne pas être éblouie par l’illustration de couverture, trop chargée, je dois constater la qualité du matériel, notamment celle des « meeples » Kiwi, Arbre et Possum. Le jeu possède une belle présence sur table, comme il est coutume de le dire, même si c’est encore trop plein à mon goût. J’aurai apprécié des différences notoires de taille entre les éléments pour un peu plus de cohérence, mais ceci reste un détail.
KAURI est un jeu totalement asymétrique. En ce sens, les joueurs ne possèdent pas les mêmes cartes, les mêmes actions, les mêmes objectifs, ni les mêmes façons de remporter la partie. La première crainte est d’être totalement perdue devant ces informations diverses et parfois inverses. Mais, premièrement, le livret de règles s’avère extrêmement rassurant. En effet, le « gameplay » est d’une simplicité étonnante. Les explications ne durent pas plus de cinq minutes avant de pouvoir lancer la première partie. Deuxièmement, chaque joueur possédant son livret personnel, correspondant au rôle qu’il incarne, il s’avère inutile de rentrer dans les détails de chaque personnage en jeu. Le titre peut tout à fait se découvrir au fil des cartes que l’on joue à condition d’avoir compris la direction générale à emprunter.
Si l’on doit résumer KAURI, on peut le caractériser comme un ROOT très accessible et familial.
Si l’on doit résumer KAURI, on peut le caractériser comme un ROOT très accessible et familial. Pour ceux qui n’ont pas la référence, il peut aussi être associé à un jeu traditionnel comme Poule, Renard, Vipère. Les kiwis doivent sauver leur peau et se réfugier sous des arbres, les Possums doivent envahir le plateau, L’Anglais doit éliminer ces deux espèces alors que la MAORI doit embêter tout ce beau monde tout en construisant des temples. Vous l’aurez compris, les interactions sont fortes, et ce n’est pas pour me déplaire, et dans ce joyeux bazar organisé, le gagnant sera celui qui aura été le moins embêté.
Sur le papier, c’est juste ce que j’aime et ce qui me fait vibrer. Seulement, et cela me désole, les sensations n’ont pas été au rendez-vous. J’ai trouvé la mécanique répétitive et les effets de cartes ne m’ont pas franchement passionnés. KAURI flirte entre le placement abstrait et un thème, à l’opposé, très concret et immersif, ce qui paraît intéressant à première vue. Mais dans les faits, ma tablée s’est ennuyée. Certes, il y a le choix des cartes, oui, il y a quelques options tactiques légères pour mener à bien son objectif, mais globalement le titre souffre d’un manque d’enjeu fort, pour ajouter tension et divertissement.
Peut-être que le jeu est encore plus familial que je ne le pensais ? Il doit sans doute très bien fonctionner avec des enfants. J’avoue aussi ne pas parvenir à saisir exactement le pourquoi du comment, mais ça ne l’a pas fait malheureusement. Pourtant, l’idée est bonne, l’édition est soignée, le principe mécanique est plutôt rare et le thème est attrayant. Mais l’expérience s’avère plate et sans saveur particulière, alors même qu’elle promettait beaucoup. Le souci vient peut-être de mes attentes trop hautes. Par conséquent, il y a forcément de la déception.
Il propose une expérience familiale rafraîchissante dans un cadre enjoué et promet de joyeux moments d’enfoirés, tout en restant très bon enfant.
Il n’en reste pas moins que KAURI est objectivement un bon titre. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas eu le succès escompté chez moi qu’il faut tout balayer d’un revers de main. Il ose quelque chose de peu commun et cela force mon respect. Il propose une expérience familiale rafraîchissante dans un cadre enjoué et promet de joyeux moments d’enfoirés, tout en restant très bon enfant.
Au Final
Sympathique !
★★★☆☆
Une asymétrie rare et réussie, dans un cadre attrayant, mais aux sensations décevantes !


