Un Œil sur LACRIMOSA

Carte d’Identité

1-4 joueurs

14 ans

90 min

Deckbuilding / Gestion

Expert

Août 2023

60 €

Auteurs : Ferran Renalias & Gerard Ascensi
Illustrateurs : Jared Blando & Enrique Corominas
Éditeur : Iello
Distributeur : Iello


Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Interactions
Variété

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Exemplaire Presse

Une description rapide

Incarnez un mécène de Mozart et aidez au prolongement de son œuvre !

 Une partie se déroule en cinq manches, divisées en deux phases :
– Phase principale. Les joueurs commencent par piocher simultanément des cartes Souvenir de leur paquet personnel pour en avoir quatre en main. Puis, à tour de rôle, les joueurs choisissent deux cartes de leur main. L’une est positionnée dans la rangée Expérience, en haut de leur plateau et détermine l’action qu’ils vont pouvoir réaliser. L’autre est positionnée dans la rangée Histoire au bas de leur plateau et octroie des points d’histoire à la fin de chaque manche. Enfin, les joueurs refont leurs mains de cartes à partir de leur pioche de façon à en posséder quatre. Il existe cinq actions possibles :
° Documenter des Souvenirs. Le joueur actif achète (en ducats et en points d’histoire) une carte Souvenir du plateau principal. Elle vient remplacer la carte jouée pour effectuer cette action.
° Commander un Opus. Le joueur actif achète (en Ducats et en points d’histoire Talent de Mozart) une carte Opus du plateau principal. Cette carte est positionnée devant lui et peut éventuellement lui rapporter des points de victoire immédiatement, d’autant plus si le joueur possède une tuile Compositeur de même type que l’opus qui vient d’acquérir.
° Faire interpréter ou vendre un Opus. Le joueur actif choisit une carte Opus qu’il possède, et encore non activée. Il peut l’interpréter pour gagner de l’argent en l’inclinant à 90°, ou la vendre et la perdre définitivement pour gagner des points de victoire et avancer sur sa piste Finance.
° Voyager. Le joueur actif déplace le marqueur Mozart sur le plateau principal en payant les éventuels coûts de routes traversées (en Ducats). La destination atteinte permet de gagner des récompenses inscrites sur la tuile (Ville ou Cour royale), soit instantanées, soit permanentes, soit de fin de partie, contre l’acquittement de son coût en points d’histoire de Voyage.
° Composer le Requiem. Le joueur actif positionne un de ses marqueurs Requiem sur une case instrument vide du mouvement qu’il souhaite commander. Il s’acquitte du coût de la tuile (en Ducats et points d’histoire de Composition) d’un des deux compositeurs du mouvement choisi pour gagner les récompenses correspondantes. Il récupère cette tuile qu’il positionne sur son plateau personnel à la place du marqueur retiré.
Dans le jeu, les ressources prennent la forme de points d’histoire de trois types différents : Talent de Mozart, Composition, Voyage. De plus, ces points d’histoire prennent deux formes, à savoir des jetons conservables en fin de manche et des évolutions sur les pistes personnelles.
– Phase d’entretien. Une fois que tous les joueurs ont effectué leurs quatre tours, une phase administrative commence. Les points d’histoire des joueurs sont remis à zéro sur leurs pistes respectives des plateaux personnels. Les joueurs récupèrent alors les récompenses permise par les tuiles Compositeurs qu’ils possèdent, l’argent, les points d’histoire et les points de victoire octroyés par leur niveau de finances, les points d’histoires des cartes positionnées au bas de leur plateau, plus un bonus de manche sous conditions. Ils redressent les cartes Opus utilisées et retirent les cartes souvenirs de leur plateau individuel pour les mélanger et former un paquet de cartes pour la manche suivante. Enfin, le plateau est réinitialisé. Le premier joueur est redéfini.

La partie se termine à la fin de la cinquième manche. En plus des points gagnés en cours de partie, le décompte final prend en compte :
– Les points octroyés par les tuiles Cour royales que les joueurs possèdent.
– Les points du requiem par un système de majorité dans chaque mouvement composé.
– Les points des points d’histoire et de l’argent restant.
Le joueur avec le plus de points remporte la partie.

Oui ou Non

  • Un thème original, rare et inspirant
  • Superbe esthétiquement
  • Deux manières de gagner et dépenser des ressources, fait assez singulier
  • Un « deckbuilding » épuré et limité à strictement neuf cartes
  • Une envie de qualité plutôt que de quantité dans l’ensemble des éléments mécaniques du jeu
  • Un jeu expert plus accessible que la moyenne
  • Des cartes et un plateau de jeu chargés, ce qui limite la lisibilité
  • Un manque de tension dans la gestion de ressources, faciles à se procurer
  • Une impression de répétition assez prononcée
  • Un livret de règle peu pratique, avec des informations données dans un ordre peu intuitif

En Résumé

Après LA CATHÉDRALE ROUGE et BITOKÙ, l’éditeur lorrain renouvelle sa collaboration avec l’éditeur espagnol Devir, pour localiser LACRIMOSA, le nouveau titre de leur label « Expert ».

LACRIMOSA frappe fort dès les premières secondes de par son esthétique très léchée et un thème particulièrement singulier et attirant. Attardons-nous quelques secondes sur son matériel abondant, superbe et magnifiquement illustré. Certes, on peut lui reprocher son petit côté « too much » qui rend la prise d’informations quelquefois moins évidente, mais très honnêtement, l’impression visuelle est époustouflante. L’illustration somptueuse de la boîte est, en ce sens, très représentative de la qualité éditoriale entière du titre. Ensuite, il est difficile de rester insensible à la thématique musicale proposée. Les joueurs vont marcher sur les pas de Mozart pour tenter de devenir un disciple réputé. Même si la mécanique prend clairement le pas sur l’histoire racontée, les participants auront tout de même l’impression, légère, il est vrai, d’évoluer dans le thème promis. D’ailleurs, les explications historiques qui rythment le livret de règles sont bienvenues pour comprendre certains aspects du jeu. Mais on ne va pas se mentir, les joueurs que nous sommes éviteront ces lignes pour se concentrer sur l’essentiel, à savoir le « comment » plutôt que le « pourquoi ».

LACRIMOSA frappe fort dès les premières secondes de par son esthétique très léchée et un thème particulièrement singulier et attirant.

Et le « comment » s’avère plutôt accessible en réalité. LACRIMOSA propose un « deckbuilding » assez épuré, dans la mesure où chaque carte venant renforcer son paquet oblige à se séparer d’une autre détenue jusqu’ici. Les joueurs auront neuf cartes pour faire la différence, ni plus, ni moins. Lors d’un tour de jeu, ils devront choisir une carte pour l’action qu’elle porte et une autre pour les ressources qu’elle octroie en fin de manche. Évidemment, un choix sacrifie l’autre, ce qui oblige à des décisions plutôt subtiles. Il existe cinq actions possibles seulement, relatives aux différentes zones du plateau, ce qui rend les explications de règles rapides, et atténue, pour notre plus grand bonheur, la complexité du jeu. Autre élément pensé de manière ramassée, seules quatre ressources occupent les esprits des joueurs. Là encore, LACRIMOSA sait se montrer qualitatif plutôt que quantitatif dans ce qu’il propose. Hormis l’argent, la gestion des trois autres ressources propose un « twist » intéressant puisqu’elles peuvent se récupérer et se dépenser de deux façons, soit sous forme de jetons à défausser, soit en reculant sur des pistes dont la progression se périme en fin de manche. De ce fait, il est souvent assez aisé de posséder les ressources requises pour réaliser les actions souhaitées, ce qui provoque un léger manque de tension et d’enjeux.

Les tensions se révèlent alors ailleurs, notamment dans les nombreuses interactions que proposent les différentes zones de jeu. Les cartes Souvenirs et Opus sont souvent le théâtre de convoitises, tout comme les tuiles Villes, octroyant des bonus immédiats, ou les tuiles Cour, permettant des « scoring » de fin de partie. La Composition du Requiem, quant à lui, joue sur des majorités pour agiter tout le beau monde autour de la table. Les joueurs auront à cœur de court-circuiter les envies adverses en tentant d’avoir sans cesse un coup d’avance pour progresser dans leur propre parcours. En effet, ce sont bel et bien les tuiles Cour récupérées, qui donneront une ligne stratégique pour évoluer efficacement.

Reste une impression de répétitivité assez importante. En limitant les possibilités à cinq actions, LACRIMOSA fait tourner quelque peu en rond et souffre d’un manque de souffle. Rien n’est vraiment nouveau et innovant, même s’il est vrai que le thème enthousiasme et que la mécanique tourne très efficacement. Le Requiem semble tout de même être, assez logiquement thématiquement, l’élément indispensable à la victoire. Là encore, le nombre de jetons personnels Requiem étant limité, il s’agira de faire le meilleur choix pour remporter des majorités décisives lors du décompte final.

Moins complexe que certains jeux experts, il peut justement souffrir de cette restriction d’éléments à prendre en compte, qui fait à la fois sa force et sa faiblesse.

En résumé, même avec quelques imperfections lui donnant un certain charme d’ailleurs, LACRIMOSA s’avère très plaisant. Moins complexe que certains jeux experts, il peut justement souffrir de cette restriction d’éléments à prendre en compte, qui fait à la fois sa force et sa faiblesse. Le « deckbuilding » qu’il met en scène dans un décor thématique et esthétique somptueux, est qualitatif même s’il manque quelque peu d’originalité et de renouvellement d’un tour de jeu à un autre.

Au Final

Chouette !
★★★✯☆

Un « mixte » de mécaniques expertes dans un sublime écrin interactif, esthétique et thématique !


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