Un Œil sur PORT ROYAL – Big Box

Carte d’Identité

1-5 joueurs

8 ans

30 min

Stop ou Encore / Engine-building

Familial

Avril 2022

26 €

Auteur : Alexander Pfister
Illustrateur : Fantasmagoria Creative, à partir des illustrations d’origine de Klemens Franz
Éditeur : Funforge
Distributeur : Funforge


Thématique ★★★☆☆
Esthétique ★★★☆☆
Complexité ★★☆☆☆
Réflexion ★★★☆☆
Interactions ★★★★☆
Rejouabilité ★★★★☆

Une description rapide

Rendez-vous à Port Royal pour devenir le plus influent possible !

Une partie se déroule en tours de jeu successifs durant lesquels le joueur actif effectue les deux phases suivantes dans l’ordre :
– Découverte. Il dévoile une à une des cartes de la pioche jusqu’à ce qu’il décide de mettre fin à cette phase quand il le désire. Il existe quatre types de cartes : Personnages, Navires, Expéditions, Taxations. Les Expéditions sont mises de côté et représentent des « objectifs » à accomplir sous conditions. Les Taxations, font perdre immédiatement la moitié des pièces d’or possédées par les joueurs en ayant douze ou plus et sont défaussées une fois réalisées. Les Personnages et les Navires composent une rivière de cartes au centre de la table. Si le joueur actif révèle un Navire de même couleur qu’un Navire présent dans la rivière, son tour de jeu s’arrête immédiatement, à moins qu’ils puissent le repousser en ayant en sa possession un nombre de sabres (sur ses cartes Personnages) égal ou supérieur à ceux présents sur la carte Navire venant d’être dévoilée. Si le joueur actif met fin à cette étape avant de dévoiler deux navires semblables, alors la deuxième phase peut avoir lieu.
– Commerce et Recrutement. Selon le nombre de Navires de couleurs différentes obtenus, le joueur actif peut prendre une à trois cartes de la rivière. Les Navires choisis sont défaussés pour obtenir les pièces d’or qu’ils possèdent. Chaque pièce d’or se situe sur le verso des cartes et sont prises au dessus de la pioche. Les Personnages sont achetés avec les pièces d’or et rejoignent la zone de jeu du joueur actif. Ils possèdent des capacités permanentes et un score d’influence. Puis, les autres joueurs peuvent récupérer une carte de la rivière en payant une pièce au joueur actif.
Enfin, lors de son tour, le joueur actif peut réaliser une Expédition en défaussant les cartes de sa zone de jeu sur lesquelles figurent les symboles réclamés par la carte expédition pour s’emparer de cette celle-ci. Il touche sa récompense et les points d’influence correspondant à la nouvelle carte acquise.

Le partie prend fin lorsqu’un joueur atteint douze points d’influence et que tous ont effectué le même nombre de tours de jeu en tant qu’actif. Le joueur ayant le plus de points d’influence dans sa zone de jeu est déclaré vainqueur.

Port Royal met les voiles
Une variante plus simple et plus rapide. De 2 à 4 joueurs, elle est idéale pour se familiariser avec les règles de jeu ou pour pratiquer en voyage. Les cartes de cette extension peuvent être ajoutées au jeu de base pour plus de variété.

Pour un Contrat de plus
Une extension de 1 à 5 joueurs à expérimenter en solo, coopératif ou compétitif. Réservé à des joueurs connaissant bien le jeu de base.

L’Aventure commence
Une extension de 1 à 4 joueurs connaissant bien le jeu de base. Elle propose cinq chapitres successifs correspondant à cinq parties différentes. Ces dernières peuvent être jouées indépendamment.

Oui ou Non

  • Une iconographie parlante
  • Un système de jeu basique de « stop ou encore » très efficace
  • Une dérive progressive vers de la gestion et de « l’engine-building »
  • Les fortes intéractions
  • La possibilité d’être actif hors tour actif
  • La prise de risque pour obtenir des gains nombreux
  • La volonté de gagner ou de perdre selon les cartes dévoilées
  • Les nombreux et différents modes de jeu
  • Un jeu universel, parlant à presque tous
  • L’omniprésence du hasard
  • Peut trainer en longueur et donner un sentiment de répétitivité
  • Une direction artistique assez « agressive » et peu moderne
  • Une règle du jeu un peu brouillonne

En Résumé

Quand Alexander Pfister fait dans le plus léger que son habitude, je tombe souvent sous le charme. C’est le cas d’ISLE OF SKYE, qui pour moi, est l’un des meilleurs jeux de tuiles existants. Difficile de résister donc à PORT ROYAL, arrivé bien avant le titre écossais mais qui signe son grand retour dans une version complète plus qu’alléchante !

Le matériel se compose essentiellement de gros paquets de cartes réservés aux différents contenus proposés. Et il y en a du contenu ! Vous souhaitez vous initier ? C’est possible. Vous souhaitez complexifier un peu le schmilblick, c’est possible aussi ! Vous souhaitez jouer seul ou en coopération ? C’est encore possible. Vous souhaitez encrer vos parties dans une campagne narrative ? C’est toujours possible ! Tout est possible à PORT ROYAL, et ce tout en souplesse et en simplicité.

Tout est possible à PORT ROYAL, et ce tout en souplesse et en simplicité !

En effet, la mécanique de base repose sur un stop ou encore plutôt basique. Les joueurs vont dévoiler des bateaux et des personnages jusqu’à ce qu’ils décident d’arrêter. À condition de ne pas avoir perdu son tour de jeu en dévoilant deux bateaux de même couleur, ils vont avoir la possibilité de récupérer des cartes, soit pour se refaire la cerise sur le plan financier, soit pour améliorer progressivement leurs capacités. Ainsi, PORT ROYAL prend peu à peu des allures d’engine-building au sein duquel la gestion du hasard devient de plus en plus tactique.

Oui, parce que si le joueur actif peut choisir des cartes selon le nombre de bateaux de couleurs différentes obtenues, plus il en dévoile, et plus il offre à ses adversaires de choix dans celles qu’ils sélectionneront pendant son propre tour. Vous l’aurez compris, tous les joueurs sont actifs pendant le tour du joueur actif. Et ça, c’est vachement bien ! Cela évite les temps morts réguliers dans ce type de jeu même si l’on aime toujours autant voir se vautrer nos adversaires qui ont les yeux plus gros que le ventre… Mais souvent, leurs échecs se révèlent finalement des échecs pour tous, sans opportunité de gagner quoi que ce soit en conséquence. Ici, c’est différent. La réussite du joueur actif entraine des opportunités pour chacun, d’où parfois la volonté de perdre consciemment pour ne pas laisser de miettes potentiellement intéressantes aux adversaire. Contrairement à beaucoup de « stop ou encore », le joueur actif devra jouer la gagne ou la « loose » en pensant à ce qu’il va laisser après son passage. Et ça, c’est encore plus vachement bien !

Le joueur actif devra jouer la gagne ou la « loose » en pensant à ce qu’il va laisser après son passage.

PORT ROYAL ne présente aucune difficulté mécanique. Les règles sont simples et une fois les cartes un peu connues, tout nage comme un poisson dans l’eau. Mais les choix, même restreints, promettent des conflits intellectuels plutôt subtils pour ce type de jeu, encore une fois. L’autre paramètre à manipuler de manière subtile est l’argent. Sa gestion est plus que tendue. Et quand on croit être à l’abri ou pouvoir s’acheter la carte qu’on attendait, c’est au tour de la taxation de venir anéantir nos plans. De plus, il manque fréquemment aux joueurs quelques petites piécettes pour acheter la carte du « coup » parfait. De ce fait, souvent, ils craquent pour une carte moins chère et moins désirée qui redistribue leurs choix tactiques vers de nouvelles contrées.

Attention tout de même ! Si vous êtes allergique au hasard, PORT ROYAL pourrait vous faire tourner rapidement en bourrique. La chance est omniprésente même si son contrôle devient de plus en plus possible au fil des cartes accumulées. Mais ce côté aléatoire le rend très familial et amusant. La boîte bien remplie, le nom de l’auteur et l’appellation « Big Box » pourraient vous conduire en erreur. Ne vous attendez pas à un gros jeu, la mécanique est légère et réunit autour de la table, de manière très universelle, autant les néophytes que les joueurs, les enfants comme les adultes. La rejouabilité est assurée par les nombreux modes proposés, qui apportent tous une certaine nouveauté sans dénaturer le système de jeu très efficace. A ce propos, « L’Aventure Commence » a clairement ma préférence, en proposant une campagne en cinq chapitres successifs stimulants.

Le temps de jeu, aléatoire, peut parfois considérablement et malheureusement s’allonger selon le risque que prennent les joueurs autour de la table. Ceci a pour conséquence de faire apparaitre un sentiment de répétitivité et sans doute un peu d’ennui… D’autant plus si la chance n’est pas de votre côté. Mais, PORT ROYAL n’est jamais aussi bon que lorsque les tours s’enchainent nerveusement. Il ne faut pas attendre de lui autre chose qu’un divertissement léger, « fun », agréable et quelque peu tactique. A ce compte là, vous le trouverez franchement redoutable !

Au Final

Redoutable ! ★★★★☆

Un « stop ou encore » complet, léger, malin et tactique.


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