Carte d’Identité

Auteurs : Pablo Jiménez & Angel Pintero
Illustrateur : Jun Sato
Éditeur : Matagot
Distributeur : PTS

1-4 joueurs

12 ans

35 min

35 €

Octobre 2026

Exemplaire Presse
Thématique
Esthétique
Complexité
Réflexion
Ambiance
Interactions
Variété
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Tuiles / Placement

Initié
Description Rapide

Composez votre propre œuvre sur votre Emakimono pour devenir le meilleur artiste de l’école de Kanō.

Totaliser plus de points que les adversaires.

Une partie est une succession de tours de jeu durant lesquels le joueur actif réalise cinq étapes. Il commence par passer le sac renfermant les pots de peinture à son voisin de gauche, puis il peut intervertir deux pots orthogonalement adjacents sur le plateau central. En troisième lieu, il récupère des pots adjacents, en ligne ou en colonne, de la même couleur sur le plateau central (au moins un) pour les positionner sur son plateau personnel. Ce placement doit respecter la règle de gravité : il est impossible qu’il y ait un espace vide au-dessous d’eux. Enfin, le joueur actif peut réaliser des œuvres. En effet, si l’agencement des pots de peinture (au moins un placé durant le tour en cours) sur son plateau personnel correspond à celui demandé par une œuvre, le joueur actif les remplace par la tuile Œuvre correspondante. À la fin de son tour, un concurrent ne doit posséder que quatre pots maximum sur son plateau.

La partie prend fin lorsque toutes les cases d’un plateau personnel sont complétées. Le décompte final prend en compte les Œuvres majeures réalisées par les joueurs (Œuvres notamment distribuées en début de partie), la réalisation des objectifs de placement commun de la fiche Blanche (mise en place en début de partie), le nombre d’œuvres effectuées et réclamées par la fiche d’Objectifs Rouges (mise en place en début de partie) et les points des œuvres en elles-mêmes selon leur composition. Les plateaux entièrement complétés rapportent également trois points supplémentaires.



Oui ou Non

- L’illustration de couverture somptueuse (la plus belle du moment)
- Le plaisir de manipuler les pots de peinture
- Un jeu de placement de tuiles redoutable, aux règles simples, très casse-tête
- Une variété entre partie assurée par les différentes plateaux de « scoring »
- Un rendu visuel très satisfaisant en fin de partie

- Une partie du matériel (tapis et plateaux de jeu) à l’aspect « cheap »
- De gros soucis de lisibilité des œuvres à réaliser
- Des sensations extrêmement solitaire
- Un côté très scolaire (et très sérieux) dans la reproduction des œuvres et le positionnement des pots de peinture
- Une expérience répétitive


Mon Avis
Difficile de passer à côté de la boîte de KANŌ tant son illustration se révèle être une des plus belles existantes à ce jour. La thématique japonaise vient accentuer l’excitation créée par la beauté de l’objet. Voyons ce qui se cache vraiment derrière une panoplie idéale pareille.
Et l’ouverture de la boîte réserve encore de belles surprises. Les joueurs découvrent les pots de peinture miniatures, extrêmement agréables à regarder et surtout à manipuler, ainsi qu’un tapis faisant office de plateau, rappelant les tissus traditionnels japonais, une boîte parfaitement calibrée pour accueillir l’ensemble des tuiles sans avoir peur d’un désordre futur et un sac en velours brodé de plus bel effet. Le matériel se révèle ainsi très thématique et parvient à emballer les joueurs qui en oublieraient presque le côté « cheap » des plateaux personnels et de décompte de points, extrêmement fins.
Si ce n’était que ça, ce ne serait pas grave du tout. Le vrai problème se découvre en jouant, lorsque toutes les tuiles se confondent malgré une aide de jeu indispensable. De plus, comme les tuiles se lisent d’un côté et de l’autre, dans leur longueur et dans leur largeur, les confusions sont nombreuses et les participants passent beaucoup de temps à lire ces tuiles pour éviter toute erreur et bien correspondre aux attentes de la partie. Du fait de ces nombreuses et permanentes vérifications, l’expérience perd grandement en fluidité, alors même que les règles sont véritablement accessibles.
Les confusions sont nombreuses et les participants passent beaucoup de temps à lire ces tuiles.
Dans KANŌ, les joueurs incarnent des écoliers tentant de réaliser la plus belle fresque picturale sur leur emakimono. Pour cela, ils doivent récupérer des pots de peinture et les agencer sur leur plateau pour réaliser des œuvres réclamant des dispositions singulières de couleurs de pots. Évidemment, il faut essayer de répondre aux objectifs communs de partie tout en produisant de grandes œuvres, pourvoyeuses de plus de points de victoire. C’est aussi simple que ça.
Dans les faits, le jeu se révèle extrêmement casse-tête, à un point tel que l’amusement passe clairement au second plan. On se croirait presque à l’école et l’expérience vire davantage à l’exercice qu’à un moment ludique. De plus, tout ça est très solitaire. Hormis les deux pots de peinture que l’on peut interchanger sur le plateau central à chaque tour, les interactions sont réduites à néant. Les participants ont le nez collé sur leur fresque, sur l’aide de jeu ou sur la fiche d’objectifs rouge énumérant les œuvres à collectionner. L’expérience rentre alors dans quelque chose de répétitif, voire de rébarbatif.
L’expérience vire davantage à l’exercice qu’à un moment ludique.
Et puis KANŌ, malgré sa beauté incontestable, n’apporte pas vraiment d’expérience nouvelle. Les joueurs ont comme l’impression d’avoir joué à ça une bonne trentaine de fois, sans qu’il y ait un twist quelconque apportant un vent de fraîcheur. On récupère des ressources, on forme des « patterns », que l’on remplace par des tuiles pour « scorer » selon des objectifs communs ou personnels. Certes, l’univers thématique est cool, certes les pots de peinture en jettent, certes la boîte est magnifique, mais cela ne suffit clairement pas.
En ce sens, il me fait penser à LA VALLÉE DES TORI, en encore plus beau et plus retors. Les deux jeux sont sympathiques mais ne resteront pas dans les annales. Je préfère tout de même le titre d’Origames, plus interactif, plus simple, aux parties plus variées et peut-être à l’aspect un peu moins prétentieux.

Au Final

Froid !
Une magnifique enveloppe thématique et esthétique pour un jeu très solitaire à l’expérience assez quelconque !
